17.03.2016 à 22:16

Lancy (GE)Les retraités du 15e étage n'avaient plus d'ascenseur

Des septuagénaires n'ont pu rentrer chez eux faute d'ascenseurs en marche. Dans ce cas, les locataires peuvent être indemnisés.

von
David Ramseyer
L'immeuble du 62-64 avenue des Communes Réunis, où habite le couple de retraités, subit actuellement d'importantes rénovations.

L'immeuble du 62-64 avenue des Communes Réunis, où habite le couple de retraités, subit actuellement d'importantes rénovations.

photo: Kein Anbieter/dra

«On a commencé à flipper», avoue Bernard. Et on peut le comprendre. L'homme a été récemment victime d'une alerte cardiaque tandis que son épouse Line a été opérée il y a un mois d'une hernie discale. Le couple s'est retrouvé lundi dernier face à la panne simultanée des deux ascenseurs de leur immeuble des Palettes à Lancy, où ils vivent... au 15e étage.

Pour d'évidentes raisons de santé, difficile voire impossible pour les septuagénaires de monter par l'escalier. Pendant les trois jours qu'a duré le dérangement, Line a emménagé chez leur fils. Bernard a réussi à se rendre chez lui à pied. «Un appareil m'aide à mieux respirer la nuit, il fallait bien que je retourne dans mon appartement! Ensuite, je n'en suis plus sorti. Heureusement qu'on avait fait les courses avant cet incident!»

Les époux ont obtenu une réduction de loyer de 10% pendant la durée la panne. «Nous ne pouvions anticiper le problème. Dans le cas contraire, ou si le dérangement avait persisté, nous aurions pu tenter de trouver un logement de substitution», précise de son côté Caroline Pinatel, directrice générale adjointe de la Régie du Rhône.

Indemnités prévues par la loi

Dans ce type de situation où les locataires subissent des désagréments dont ils ne sont pas responsables, ceux-ci sont protégés par le Code des obligations. Ils doivent dénoncer eux-mêmes un éventuel problème à la régie ou au propriétaire. Les habitants peuvent ensuite bénéficier d'une «indemnisation pour perte de jouissance, explique Pierre Stastny, avocat à l'Association de défense des locataires (Asloca). Elle se calcule en fonction de l'ampleur et de la durée du défaut constaté». En ce sens, la réduction de loyer obtenue par Bernard et Line est appropriée, selon l'Asloca.

Si le bailleur tarde à s'exécuter, le locataire a la possibilité de consigner son loyer. Ce dernier peut demander des dommages et intérêts si rien ne se règle et que le bailleur est en faute. «Dans tous les cas, il faut noter que les plaignants sont invités à faire preuve de bonne foi, souligne Pierre Stastny. L'occupant d'un studio temporairement inutilisable ne peut prétendre à être relogé dans un loft.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!