20 000 armes rapportées: Les Romands sont plus réticents à rendre leur fusil

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20 000 armes rapportéesLes Romands sont plus réticents à rendre leur fusil

La restitution des armes à feu connaît un vif succès en Suisse, mais l'enthousiasme se trouve surtout Outre-Sarine.

Plus de 20 000 personnes ont rendu leur arme à feu à la police en Suisse. Elles y avaient été invitées dans le cadre de journées d'action. Les Zurichois ont été les plus intéressés avec 4332 armes remises alors que les Romands ont été beaucoup plus réticents.

A Genève, les deux journées organisées ont permis de récolter 120 armes. Dans le canton de Vaud, 80 armes ont été remises en une journée. En Valais, ce sont 70 pièces, à Neuchâtel 55 et dans le Jura une trentaine. Seule la police fribourgeois a été nettement plus gâtée avec 363 armes rendues en trois jours.

Des bilans très modestes si on les compare aux 4332 pièces enregistrées pour Zurich, aux 3483 pour Lucerne ou aux 3223 pour Berne. D'autant plus que ces derniers chiffres, issus d'une statistique de fedpol, l'Office fédéral de la police, n'ont qu'une valeur indicative, les cantons n'ayant aucune obligation d'annonce.

Marché gris court-circuité

Les gens remettaient déjà des armes avant les journées d'action, relève le responsable du bureau des armes genevois Bernard Bersier. Les 120 unités réunies grâce aux opérations constituent une grosse augmentation sur l'année. Selon M. Bersier, «cela valait la peine, cela évite que des gens se débarrassent de leurs armes sur le marché gris».

En Valais, le responsable du bureau des armes Pierre Gaillard peine à expliquer la modestie des bilans romands. Pour lui, on ne peut pas dire que la population n'était pas au courant. «Peut-être les Suisses allemands sont-ils moins enclins à garder leur arme à la maison, ici les gens y tiennent.»

Ce genre d'action n'incitera pas tous les collectionneurs à remettre leur arme, mais il est politiquement important d'offrir à la population la possibilité de se débarrasser des armes dont elle ne veut plus, déclare Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Il s'agit souvent de pièces reçues en héritage ou découvertes dans un grenier.

Le nombre de journées d'action et leur promotion a sans doute joué un rôle dans les bilans contrastés. Craignant l'échec, le Valais n'a organisé aucune journée spéciale, alors que le canton de Berne en avait programmé huit.

Attachement à la campagne

Les cantons ruraux comme Uri (118 armes) ou Obwald (150 pièces) sont également à la traîne. Selon Peter von Flüe, préposé aux armes à la police cantonale d'Obwald, c'est lié à la fierté du citoyen et à l'attachement émotionnel, «les gens fonctionnent de manière plus rustique qu'en ville».

A noter que dans ce canton, aucune arme de chasse n'a été rendue. «Valant souvent plusieurs milliers de francs, elles se repassent entre chasseurs», note M. von Flüe. Les pièces rendues pour destruction sont à 90% des armes qui fonctionnent, mais anciennes.

A Zurich la police a ainsi récupéré 1300 baïonnettes. Outre de nombreuses carabines, fusils d'assaut, pistolets militaires ou revolvers, elle a même obtenu une arbalette et un Morgenstern. Les cantons ont également reçu des tonnes de munitions, Berne en tête avec 18 tonnes devant Zurich avec 17,1 tonnes alors que Vaud en annonce 90 kilos.

Jusqu'à vendredi

Les journées d'action de remise volontaire d'armes et de munitions découlent d'une adaptation de la loi sur les armes à la réglementation de Schengen. Les propriétaires d'armes ont jusqu'à vendredi pour s'enregistrer comme tel ou rendre leur arme gratuitement. Des milliers de personnes ont choisi la première option. Un à trois millions d'armes circuleraient en Suisse.

(ats)

Oui à Schengen

La Suisse n'aura pas à s'inquiéter d'une éventuelle dénonciation de l'accord de Schengen. Après les visas, le Conseil National s'est également rallié jeudi in extremis aux adaptations de la loi sur les armes à l'acquis de Schengen. Il a suivi à deux contre un les propositions de la conférence de conciliation.

Celle-ci a choisi par 21 voix contre 5 de suivre le Conseil fédéral et la Chambre des cantons, tous deux favorables à une adaptation scrupuleuse de la loi sur les armes aux accords de Schengen. Il n'y aura ainsi pas de dérogation permettant aux adultes, et non seulement aux mineurs, d'emprunter une arme de sport à une société de tir.

La seconde divergence portait sur la séquestration des armes et munitions non marquées. Il sera aussi possible de les confisquer à l'intérieur du pays et pas seulement lors de leur introduction en Suisse, de leur transit, de leur exportation ou de leur fabrication.

Dans un ultime baroud d'honneur, l'UDC a tenté de convaincre le conseil de ne pas céder face aux dispositions impératives de Schengen. «Ce serait l'occasion de tester les réactions de l'Union européenne si nous ne reprenions pas texto l'acquis de Schengen», a fait valoir en vain Roland Borer (UDC/SO).

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