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Vague de froidLes routes pourraient subir plus de dégâts

En raison de la vague de froid qui a gelé la Suisse ces derniers jours, les routes pourraient subir davantage de dégâts cet hiver par rapport aux années précédentes, même si les experts restent prudents.

Le froid a provoqué un accident inhabituel à Riehen (BS): un camion-citerne s'est enfoncé dans la chaussée suite à la formation d'une cavité. Le revêtement dissimulait un trou de plusieurs mètres de circonférence, a indiqué la police cantonale mardi. Le sauvetage s'est avéré difficile: il a fallu pomper 13 tonnes de mazout hors du véhicule avant de faire intervenir une grue spéciale pour dégager la route.

Doit-on s'attendre à une multiplication de ce genre de scène après la vague de froid qui a régné sur la Suisse durant deux semaines? Pour l'Office fédéral des routes, il est encore trop tôt pour faire un bilan des dégâts, souligne le porte-parole Antonello Laveglia.

De même, dans le canton de Genève, si la voirie intervient en urgence en cas de nid-de-poule, un véritable bilan ne sera possible que lorsque les températures remonteront. Les dommages subis par la route ne sont pas tous immédiatement visibles, explique Steve Hirschi, chef de la cellule technique du Service de la voirie.

Route «congelée»

Certaines fissures affectent ainsi les structures en profondeur. En outre, tant que les températures restent basses, la route reste elle-même «congelée et compacte», souligne Fabien Noël, ingénieur de ville à Fribourg. Les dégâts subis par le «coffre» de la route, soit les couches qui se trouvent sous l'asphalte, ne se dévoilent donc pas tout de suite.

Face à ce danger, les routes nationales ont moins à craindre que celles des villes, assure M. Laveglia. Une chaussée conçue pour accueillir 100'000 véhicules par jour est mieux armée contre le froid qu'une route communale peu fréquentée.

La structure d'une autoroute plonge profondément sous terre, ce qui la met à l'abri du gel, confirme Patrick Etourneaud, responsable de la division construction et exploitation à la Ville de Lausanne.

Augmentation du volume

Lors de grands froids, le gel pénètre à 50 voire 60 centimètres sous terre, poursuit M. Etourneaud. Pour certains sols sensibles, cela peut signifier une hausse du volume de 9%. Le dégel est alors synonyme d'affaissement du bitume.

Les routes d'un certain âge sont particulièrement menacées par ce phénomène. Certaines chaussées des hauts de Lausanne, datant des années 1950 ou 1960, pourraient par exemple être endommagées, explique M. Etourneaud.

Toutefois, si l'on constate une recrudescence des dégâts lorsque l'hiver est rude, ceux-ci restent généralement peu étendus, souligne Patrick Etourneaud. Les travaux de réparation concernent des zones de l'ordre du mètre carré.

Infiltrations d'eau

Point positif, contrairement aux températures glaciales, les conditions ont été relativement clémentes au niveau des précipitations, relève René Mietta, chef de la division entretien à la Ville de Lausanne. Cela écarte a priori un autre danger majeur: celui des infiltrations d'eau suivies de gel.

Le phénomène, qui touche avant tout les routes déjà endommagées (qui laissent l'eau s'infiltrer), «détruit véritablement les structures comme des coups de marteau», souligne M. Etourneaud.

(ats)

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