Actualisé 27.04.2020 à 18:22

Commerce de détail

Les rubalises n'évitent pas l'achat d'articles bannis

L'Union suisse des arts et métiers (Usam) accuse les deux commerçants de laisser passer en caisse des articles temporairement bannis de la vente. Elle les menace de plainte.

de
Pauline Rumpf
Rubalises, scotch et bâches ont été utilisées pour signaler les rayonnages interdits; ceux-ci restent cependant toujours accessibles.

Rubalises, scotch et bâches ont été utilisées pour signaler les rayonnages interdits; ceux-ci restent cependant toujours accessibles.

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Le choix des produits autorisés ou interdits à la vente dans les grandes surfaces a largement fait débat ces dernières semaines. Mais une fois cette question réglée, un autre problème est dénoncé par l'Union suisse des arts et métiers (Usam) sur les ondes de la RTS: les articles retirés de la vente et signalés par des scotchs, des rubalises ou encore des bâches peuvent quand même facilement être obtenus.

En effet, aucun dispositif ne bloque ces produits en caisse, et si les clients se servent dans les rayons, rien ne les empêche de les acheter si ce n'est la vigilance du personnel de vente. Or selon des témoins, c'est même parfois sur encouragements de ce dernier que des clients procèdent ainsi. «J'ai demandé si une promo sur des articles inaccessibles serait prolongée: on m'a dit de me servir, raconte par exemple une cliente de Coop. Une employée a même accompagné mon fils chercher des sous-vêtements dans la zone barrée!»

Très remontée, l'Usam a adressé une lettre à Coop et Migros pour exiger qu'elles mettent fin à cette pratique, édictant un ultimatum à ce lundi 17h, sans quoi elle menace de porter plainte. Une décision sera prise probablement mardi matin.

Le client responsable de ne pas tricher

Contactée, Migros répond que ces accusations sont infondées. «Nous sommes en contact permanent avec les autorités; les polices cantonales ont fait de nombreux contrôles concernant l'assortiment autorisé à la vente», assure Tristan Cerf, porte-parole. Il précise que les clients qui tricheraient sont responsables de ce comportement, comme pourraient l'être ceux qui se livreraient à du vol. «Il peut évidemment arriver que des cas passent entre les gouttes, mais nous ne sommes pas la police, et 99% des gens respectent la règle clairement indiquée.» Et si des employés ont eux-mêmes poussé les consommateurs à la faute, comme relaté par plusieurs témoins, «c'est une erreur», admet-il à la RTS.

Quant à retirer les articles bannis du système pour qu'ils soient bloqués en caisse, le porte-parole indique que «techniquement, c'est impossible sur un si grand nombre d'articles et avec des règles aussi régionalement diverses que changeantes». En effet, certaines filiales peuvent vendre un produit et d'autres pas en fonction de leur canton et de leur taille notamment; certains produits ont d'ailleurs connu plusieurs changements de statut successifs.

De son côté, Coop répond laconiquement qu'elle se conforme déjà dans la mesure du possible aux restrictions de vente, en tenant compte des interprétations cantonales, et que les barrières sont bien visibles. Sa porte-parole Marilena Baiatu n'exclut pas les abus, mais ajoute que «la plupart des clients se comportent correctement et les limites sont bien comprises».

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45 commentaires
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Dodo

28.04.2020 à 22:35

Pour ce qui demande pourquoi, c'est principalement pour ne pas faire concurrence aux autres magasins qui ne peuvent pas ouvrir

Débile

28.04.2020 à 20:43

C’est vrai qu’il vaut mieux laisser un gamin sans sous-vêtements !

Jack

28.04.2020 à 17:07

Vu que mon premier commentaire a été sensuré je recommence. Il est temps d’arrêter de se plaindre des grandes enseignes. Elles font ce qu’elles peuvent avec des lois sujettes à interprétation, qui sont interprétées à qui mieux mieux selon les Cantons et les communes. Retournez-vous contre le gouvernement pour qu’ils édictent des lois claires!! Et arrêtez de vous acharner sur ces collaborateurs qui essaient de contenter tout le monde sans aucune reconnaissance!