30.07.2020 à 10:04

Bélarus

Les Russes arrêtés suspectés d'«actes de terrorisme»

Plusieurs dizaines de membres d’un groupe militaire privé russe, accusés d’être venus «déstabiliser» le pays à l’approche de l’élection présidentielle du 9 août, ont été interpellés mercredi.

Les 32 Russes arrêtés au Bélarus sont suspectés d'y avoir préparé des «actes de terrorisme» à l'approche de la présidentielle, ont annoncé jeudi les autorités bélarusses. Ils appartiennent au groupe militaire privé Wagner, jugé proche du Kremlin.

«Les personnes arrêtées sont suspectées de préparation d'actes de terrorisme sur le territoire du Bélarus», a indiqué à la presse le secrétaire d'Etat du Conseil de sécurité national, Andrei Ravkov. Par ailleurs, quelque 170 autres suspects potentiels sont encore recherchés. «Selon certaines informations, ils étaient jusqu'à 200», a-t-il ajouté.

M. Ravkov s'exprimait à l'issue d'une réunion avec les candidats à la présidentielle et leurs représentants pour les informer des «menaces» pesant sur le pays à l'approche du scrutin du 9 août. L'autoritaire président Alexandre Loukachenko vise un sixième mandat mais fait face à une mobilisation inhabituelle en faveur de l'opposition.

La Russie ne cherche pas «à déstabiliser» son «allié»

Le Kremlin a démenti jeudi chercher à déstabiliser le Bélarus, après l'arrestation dans ce pays de 33 Russes, suspectés d'être des combattants préparant des «actes de terrorisme» à l'approche de la présidentielle du 9 août. «Il y a des insinuations comme quoi des organisations envoient (des hommes) pour déstabiliser la situation au Bélarus (...), il est évident que ça ne peut être le cas, la Russie et le Bélarus sont des alliés, les partenaires les plus proches», a estimé Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, lors d'un point presse.Selon lui, Minsk n'a transmis aucune information concernant «des activités illégales qui pourraient être la cause de leur arrestation».

Provocations

Selon certains des candidats, M. Ravkov a mis en garde contre d'éventuelles «provocations lors d'évènements publics de masse» en lien avec le scrutin. La principale concurrente de M. Loukachenko, Svetlana Tikhanovskaïa, a exclu d'annuler ses rassemblements de campagne, qui attirent des foules jamais vues au Bélarus.

«Tous nos évènements auront lieu, les mesures de sécurité seront cependant renforcées avec des détecteurs de métaux», a-t-elle dit. «La responsabilité d'assurer la sécurité repose sur l'Etat», a-t-elle dit.

L'ambassadeur russe à Minsk doit, selon les médias russes, se rendre au ministère bélarusse des Affaires étrangères dans l'après-midi de jeudi. Moscou n'a pas commenté ces arrestations.

Tensions

Historiquement alliés, la Russie et le Bélarus entretiennent des relations toujours plus tendues depuis fin 2019. Le président Loukachenko a accusé en particulier Moscou de vouloir réduire son pays à l'état de vassal et de s'ingérer dans le scrutin du 9 août.

Les personnes arrêtées mercredi seraient, selon Minsk, des hommes du groupe Wagner, une organisation réputée proche du Kremlin et suspectée d'envoyer des mercenaires sur des terrains d'interventions étrangers, comme l'Ukraine, la Libye, ou la République centrafricaine, auxquels Moscou ne veut pas être officiellement associé.

Loukachenko a plusieurs fois accusé des pays étrangers, en particulier occidentaux, de vouloir «déstabiliser» la situation à l'approche d'élections. Fin juin, il avait accusé la Russie et la Pologne d'ingérence dans la présidentielle du 9 août

Depuis son arrivée au pouvoir en 1994, aucune opposition n'a pu émerger et nombre de ses chefs de file ont été emprisonnés. La campagne électorale actuelle a été galvanisée par l'arrivée de nouveaux visages. Alexandre Loukachenko fait face en particulier à Svetlana Tikhanovskaïa qui a remplacé au pied levé son mari, un vidéo-blogueur emprisonné en mai au moment où il gagnait en popularité.

(ATS)

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7 commentaires
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BadCox57

30.07.2020 à 13:51

Bienvenue dans le monde des paranos. Entre "frères", on doit se comprendre... Reste à voir quel est le plus grand des menteurs.

Zucar

30.07.2020 à 12:15

Poutine ne fait officiellement pas la guerre dans les ex-Républiques soviétiques. Il y envoie des paramilitaires comme en Ukraine. C’est le plus malin des grands dirigeants, de toute façon, et pour longtemps

Arroseur arrosé

30.07.2020 à 11:48

Je suis mort de rire