Election russes: Les Russes se rendent aux urnes
Actualisé

Election russesLes Russes se rendent aux urnes

Les Russes commencent à se rendre aux bureaux de vote pour élire leur président, samedi soir.

Les urnes se remplissent dimanche.

Les urnes se remplissent dimanche.

Les Russes ont commencé à se rendre aux urnes dimanche en Extrême-Orient pour la présidentielle à l'issue de laquelle l'actuel Premier ministre Vladimir Poutine compte revenir au Kremlin, malgré une contestation sans précédent de son régime.

«Les bureaux de vote ont ouvert comme prévu, tout se passe bien», a déclaré à l'AFP par téléphone Oksana Balynina, vice-présidente de la Commission électorale du district de Tchoukotka, située à l'extrémité orientale de la Sibérie.

Neuf fuseaux horaires

La Russie s'étendant sur neuf fuseaux horaires, les habitants de la Tchoukotka, de l'île de Sakhaline et de la péninsule du Kamtchatka sont les premiers à voter à ce scrutin qui se terminera dimanche à 17h00 GMT à Kaliningrad (ouest).

Quelque 109 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, et de premières estimations seront connues vers 21h00 (17h00 GMT).

Poutine grand favori

M. Poutine, le grand favori de ce scrutin, est crédité d'environ 60% des voix, selon les derniers sondages publiés fin février.

Mais l'opposition a tout fait pour mobiliser les électeurs et imposer un second tour à l'homme fort du pays, déjà président de 2000 à 2008 mais qui a vu sa popularité baisser.

Il est en lice contre quatre candidats: le communiste Guennadi Ziouganov (second selon les sondages), le populiste Vladimir Jirinovski, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, nouveau venu dans le jeu politique, et le centriste Sergueï Mironov.

Aucune opposition radicale

Mais tous se sont efforcés de ne pas attaquer frontalement l'ex-agent du KGB, et aucun membre d'une opposition radicale à Vladimir Poutine n'a été autorisé à se présenter.

La coalition d'opposition qui organise depuis les élections législatives de décembre --marquées selon elle par des fraudes massives-- des manifestations d'une ampleur sans précédent à Moscou depuis douze ans a d'ores et déjà qualifié ce scrutin de non-démocratique.

Face à cette contestation, quelque 180.000 web-caméras de surveillance ont été installées dans 90.000 bureaux de vote (sur une totalité de 95.000) en Russie, à l'initiative de M. Poutine, afin d'éviter les fraudes électorales.

Aucune garantie anti-fraude

Pour la mission d'observation électorale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Russie, l'installation de ces caméras ne garantit pas cependant l'absence de fraude, les web-caméras ne pouvant pas filmer le processus de comptage des bulletins de vote et l'enregistrement des résultats.

Les habitants d'Anadyr (district de Tchoukotka) étaient très nombreux à se rendre aux urnes peu après l'ouverture des bureaux de vote locaux et faisaient la queue pour obtenir leurs bulletins, selon des images prises par les web-caméras et disponibles en temps réel sur le site spécialisé http://webvybory2012.ru/, créé par la Commission électorale centrale russe.

Ressources de l'Etat

La campagne électorale a été marquée, selon les observateurs de l'ONG russe Golos, par l'emploi massif des ressources de l'Etat en faveur de M. Poutine, et une politique «d'intimidation» visant opposants et organisations désireuses d'observer le scrutin.

M. Poutine a lui accusé les opposants d'être au service de l'Occident, de préparer eux-mêmes des fraudes électorales et même de vouloir assassiner l'un des leurs pour pouvoir en accuser le régime.

Réélu en 2004

Elu une première fois à la présidence avec 53% alors qu'il était chef de l'Etat par intérim à la suite de la démission de Boris Eltsine, Vladimir Poutine avait été réélu triomphalement en 2004 (plus de 71%).

Il s'était retiré au poste de Premier ministre, laissant le Kremlin à Dmitri Medvedev, un de ses subordonnés, en 2008 faute de pouvoir effectuer un troisième mandat consécutif.

M. Medvedev s'est à son tour effacé devant son mentor pour la présidentielle de 2012 et est appelé à devenir Premier ministre après la passation de pouvoirs prévue en mai.

Une réforme constitutionnelle a porté le mandat présidentiel de quatre à six ans, et M. Poutine peut donc théoriquement rester au pouvoir pour deux nouveaux mandats, soit jusqu'en 2024. (afp)

Ton opinion