Actualisé 23.08.2008 à 15:25

Géorgie

Les Russes toujours dans l'ouest - l'Occident s'impatiente

Les forces russes agissent en Géorgie en pleine conformité avec le plan de paix négocié par la France, a affirmé samedi le chef d'état major adjoint de l'armée russe, le général Anatoli Nogovitsyne.

La Russie a annoncé samedi qu'elle allait continuer à contrôler la ville portuaire de Poti en Géorgie, où elle maintient d'autres positions avancées. Moscou rejette les critiques des Occidentaux qui l'accusent de ne pas respecter l'accord de cessez-le-feu.

«Les forces de maintien de la paix russes contrôleront la situation dans la ville de Poti et dans d'autres points de peuplement sous la forme de patrouilles», a déclaré le général Anatoli Nogovitsyne, chef d'état major adjoint de l'armée russe.

Poti, situé à environ 30 kilomètres de la région séparatiste géorgienne d'Abkhazie, est le principal port commercial de Géorgie, sur les bords de la mer Noire.

«Toutes les activités du contingent de maintien de la paix russe reposent sur les six principes qui ont été signés par les présidents de Russie (Dmitri Medvedev) et de France» Nicolas Sarkozy, a-t-il assuré.

Crainte d'une annexion

La France, les Etats-Unis et l'Allemagne ont appelé la Russie à «achever» son retrait de Géorgie «conformément aux engagements» de Moscou. Les Occidentaux estiment que les forces russes vont au- delà, en territoire géorgien, de ce qui a été convenu et craignent une annexion de fait.

Moscou, dans l'attente de la mise en place d'un «mécanisme international» de sécurité, a le droit de maintenir des troupes de maintien de la paix hors des territoires séparatistes. Mais les limites de cette zone de sécurité n'ont pas été clairement définies.

Samedi, des soldats russes portant l'insigne des forces de maintien de la paix étaient aux sorties nord et sud de Poti ainsi qu'à Teklati (ouest). Ils avaient toutefois quitté la base militaire de Senaki, selon un journaliste de l'AFP.

Accord violé

Plusieurs centaines de manifestants géorgiens se sont rassemblés, criant «Dehors» aux soldats russes positionnés près de deux ponts au nord de Poti. Ces positions sont «une violation du cessez-le-feu», a estimé le porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, Chota Outiachvili.

Les forces russes ont quitté la route reliant la capitale géorgienne Tbilissi à la ville stratégique de Gori. Mais des soldats de maintien de la paix ont mis en place des barrages à moins de 10 km au nord de cette localité sur les voies menant à Tskhinvali, la capitale sud-ossète, a vu un correspondant de l'AFP.

Invoquant un accord conclu en 1999, la Russie a fait comprendre qu'elle entendait maintenir des soldats dans une vaste zone tampon jouxtant l'Ossétie du Sud et le territoire de l'Abkhazie, l'autre région sécessionniste de Géorgie. Tbilissi juge cette position inacceptable.

Points de contrôle

Selon le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien Alexandre Lomaïa, les forces russes doivent retirer 40 blindés de l'ouest de la Géorgie mais comptent maintenir des points de contrôles à Poti, Chkhorotskou, Tsalenjikha et Khobi. «Ils n'ont pas de base légale pour cela», a-t-il commenté.

D'après une carte montrée vendredi à la presse par l'état-major russe, Moscou se réserve aussi le droit de patrouiller de larges sections de la principale route reliant l'est et l'ouest de la Géorgie.

Le général Nogovitsyne a accusé la Géorgie de préparer de nouvelles actions militaires. «Des agents des services spéciaux géorgiens sont en train de constituer des caches d'armes afin de préparer des attaques armées sur le territoire de l'Ossétie du Sud et dans les districts frontaliers», a-t-il lancé.

L'OTAN pointée du doigt

La Russie s'en est aussi prise à l'OTAN qui mène des exercices militaires officiellement de «routine» en mer Noire. Selon M. Nogovitsyne, l'alliance atlantique «sous couvert de devoir envoyer de l'aide humanitaire» chercherait à renforcer ses forces navales en mer Noire.

Pour sa part, l'OTAN à de nouveau exigé samedi le retrait des forces russes de Géorgie sur leurs positions «d'avant la crise du 6 août», date du début du conflit.

A l'ONU, Occidentaux et Russes n'ont pas trouvé pas de terrain d'entente pour adopter une résolution sur le conflit, les alliés de Tbilissi souhaitant qu'y soit clairement réaffirmé le principe de l'intégrité territoriale géorgienne. (ats)

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