Actualisé 02.12.2007 à 12:44

Les Russes votent pour ou contre Poutine

Les Russes ont commencé à voter dimanche aux législatives qui s'annoncent triomphales pour le parti au pouvoir. Les bureaux doivent fermer à 19h ce soir (heure suisse).

Les bureaux ont ouvert dès samedi 20h GMT dans l'Extrême-Orient russe et doivent fermer dimanche soir à 20h, heure locale (19h heure suisse).

Les premiers sondages de sortie des bureaux de vote et les premiers résultats partiels doivent être rendus publics dès la fermeture des derniers bureaux. Les 109 millions d'électeurs sont appelés à élire les 450 députés de la Douma (chambre basse du Parlement) pour un mandat de quatre ans.

Fait inédit dans l'histoire russe, le président Poutine participe aux législatives en tant que tête de liste du parti au pouvoir Russie unie, ce qui transforme de facto ce scrutin en référendum pour ou contre sa politique et sa personne. Russie unie est crédité de 62 à 67% des intentions de vote. Il détient déjà 297 des 450 sièges dans la Douma sortante.

Améliorations

«Je vais voter pour Russie unie, pour Vladimir Poutine, car il a augmenté nos salaires. Grâce à Poutine, les professeurs peuvent désormais vivre dignement», s'est exclamée Natalia Zavialova, un professeur de 35 ans, à l'entrée du bureau de vote numéro 171, dans le centre de Moscou.

A Saint-Pétersbourg, Ksénia Fiodorova, 23 ans, étudiante, a aussi donné sa voix à ce parti. «J'ai voté pour Russie unie parce que je ne connais pas les autres, je ne sais rien d'eux», a-t-elle concédé.

Transparence mise en doute

L'opposition, écrasée par le rouleau compresseur de Russie unie, a été de fait à peine perceptible dans la campagne. Elle a dénoncé son accès très limité aux médias, acquis au Kremlin, les pressions sur ses militants et l'utilisation des moyens publics au service du parti au pouvoir.

A l'étranger, la transparence du scrutin a aussi été mise en doute. La chancelière allemande Angela Merkel a déploré dimanche que «la possibilité pour les militants des droits civiques de s'exprimer ait été restreinte». La Maison Blanche a exprimé la crainte que les élections ne soient pas «libres et justes».

Seuls deux autres partis semblent en passe d'entrer au Parlement, les communistes (10 à 14% des intentions de vote) et les ultranationalistes (LDPR) de Vladimir Jirinovski (6 à 9%). La loi électorale impose un minimum de 7% des voix pour être représenté à la Douma.

Les déçus de Poutine

A Saint-Pétersbourg, Tatiana Artamonova, 65 ans, a voté pour le PC russe. «C'est le seul parti qui veuille vraiment faire quelque chose pour le peuple. J'ai grandi avec le socialisme, ses idées sont celles qui me sont le plus proches», dit-elle.

Les électeurs de l'opposition libérale et démocratique - SPS et Iabloko, crédités de 1 à 2% des intentions de vote chacun - sont plus rares. «J'ai voté pour Iabloko. Je n'ai pas envie de voter pour un régime policier», confie Ivan Bougatov, un petit entrepreneur de 40 ans, dans l'ancienne capitale impériale.

S'il remporte haut la main les élections, Vladimir Poutine aura toute la légitimité requise pour conserver une influence, sous une forme qui reste à déterminer, à l'issue de la présidentielle de mars 2008 à laquelle il ne peut se présenter. Seule une forte abstention pourrait jeter une ombre sur sa victoire annoncée. (ats)

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