Berne: Les Sages misent sur la formation professionnelle
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BerneLes Sages misent sur la formation professionnelle

Le Conseil fédéral veut agir pour revaloriser la formation professionnelle en Suisse, et ce pour tous les âges.

En collaboration avec les milieux de la formation et les partenaires sociaux, il a esquissé lundi les orientations futures de la politique de formation professionnelle. Rien de concret n'a cependant encore été décidé.

«Le système actuel fonctionne, mais nous voulons combler les lacunes», a déclaré lundi devant les médias à Berne Johann Schneider-Amman, le chef du Département de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR). Plusieurs jalons ont ainsi été posés à l'occasion du premier Sommet national de la formation professionnelle, afin que les besoins en main-d'oeuvre qualifiée soient couverts dans le futur.

La loi sur la formation professionnelle est entrée en vigueur en 2004. Elle a permis d'unifier les offres de formation, et les réformes que la loi avait lancées sont désormais pour la plupart achevées, selon un communiqué du DEFR publié lundi.

«Nous voulons toutefois offrir à tout le monde une perspective et une place de travail», a rappelé M. Schneider-Ammann. La formation professionnelle doit donc être renforcée et traitée sur le même plan que l'éducation générale.

Les participants au sommet ont adopté dans ce sens quatre piliers prioritaires: la formation professionnelle supérieure, la maturité professionnelle, la formation pour adultes et l'orientation professionnelle. La mise en oeuvre concrète sera discutée par les partenaires sociaux, les milieux de la formation et les acteurs politiques et économiques réunis en congrès jusqu'à mardi.

Financement encore peu clair

Les participants au sommet se sont ainsi accordés pour renforcer l'offre de la formation professionnelle supérieure, tant sur le plan national qu'international. Dans ce domaine, les examens professionnels fédéraux et supérieurs ainsi que les filières professionnelles doivent notamment être revalorisés, écrit le DEFR.

Un projet a pour ce faire déjà été lancé en 2013 par le Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI). Un premier train de mesures sera présenté au Conseil fédéral en août 2014. «Le financement doit encore être clarifié», a cependant concédé à ce sujet le conseiller fédéral Schneider-Ammann.

«Nous souhaitons également un renouveau de la maturité professionnelle», a ajouté M. Schneider-Ammann. Les associations professionnelles ont reçu le mandat de mettre en place de nouvelles filières répondant aux besoins actuels des jeunes et de l'économie dans ce domaine. Une combinaison de la maturité professionnelle et des stages est ainsi envisagée.

Donner une deuxième chance

Les acteurs de la formation professionnelle veulent en outre développer les offres de formation destinées aux adultes. En Suisse, 14% des 25-64 ans n'ont pas de diplôme. «Il faut donner une deuxième chance à ces personnes qui ont raté le coche dans leur jeunesse», a plaidé Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse (USS).

Un point sur lequel le syndicat Travail.Suisse avait déjà attiré l'attention récemment. Parmi ces 600'000 adultes, seul un petit nombre termine un jour une formation, a encore rappelé lundi le syndicat dans un communiqué.

Enfin, dans le cadre de la formation professionnelle, les services cantonaux d'orientation professionnelle, d'études et de carrière jouent un rôle central. A l'avenir, ces activités d'information devront également être mieux adaptées aux différents publics cibles, écrit encore le DEFR.

L'apprentissage, un pilier

«Le système de l'apprentissage est un pilier important du modèle à succès suisse», a encore déclaré le président de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), Hans-Ulrich Bigler. Le défi consiste aussi à trouver la parade au recul démographique, a-t-il ajouté, souhaitant que l'apprentissage s'établisse au sein de l'école comme une spécialisation propre.

L'apprentissage est la formation initiale la plus importante en Suisse et représente un tremplin professionnel pour deux tiers des jeunes Suisses après l'école obligatoire. Pour la période 2010-2013, le montant mis à disposition par la Confédération pour la formation professionnelle s'est élevé à 2,1 milliards de francs. Il est passé à 3,6 milliards pour la période 2013-2016. (ats)

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