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Les «Sages» se mouillent dans la campagne

BERNE. Les conseillers fédéraux n'ont jamais autant occupé la scène lectorale. Ils ne sont pourtant pas élus par le peuple.

«Cette évolution est complètement absurde dans notre système politique», a regretté la politologue bernoise Regula Stämpfli. «La campagne est complètement focalisée sur les personnalités du Conseil fédéral. C'est un désastre du point de vue du débat d'idées». Ceci alors même que le parlement vient de remettre de l'ordre dans les tâches d'informations et les attitudes à adopter par les ministres lors de campagnes de votations populaires. "Que les conseillers fédéraux se prêtent aussi explicitement à la campagne est inédit», a renchéri Pascal Sciarini, directeur du département de science politique à l'Université de Genève. «Jusque-là, ils restaient au-dessus de la mêlée». L'UDC a même fait de l'un de ses conseillers fédéraux le martyr de la campagne. Les élections fédérales du 21 octobre devenant, pour le parti, un référendum pour sauver Christoph Blocher. «Avec ce message, on n'est plus très loin d'une élection du Conseil fédéral par le peuple», a noté un lobbyiste actif à Berne. Ce week-end, Pascal Couchepin a critiqué l'engagement de son collègue de gouvernement Christoph Blocher dans la campagne: «Nous devons faire preuve de retenue pour préserver la concordance». Du côté du PDC, on compte bien profiter de la popularité de Doris Leuthard pour gagner quelques points.

mme/ats

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