Actualisé 17.07.2014 à 08:30

UkraineLes sanctions contre la Russie durcies

L'Union européenne et les Etats-Unis ont durci leurs sanctions contre la Russie en raison de la crise en Ukraine en évitant toutefois des mesures économiques de grande envergure.

Avant une déclaration du président Barack Obama sur l'Ukraine et la politique étrangère prévue pour 21h15 GMT (23h15 heure suisse), les Etats-Unis ont étoffé leurs sanctions en prenant pour cible principale le géant russe des hydrocarbures, Rosneft. L'influence de Rosneft est grandissante depuis qu'il est dirigé par un proche du président Vladimir Poutine, Igor Setchine. Washington a décidé de geler ses éventuels avoirs aux Etats-Unis tandis que les entreprises américaines ne seront plus autorisées à mener des transactions avec lui.

La nouvelle série de sanctions vise également la banque du géant gazier russe Gazprom, Gazprombank, ainsi que les autorités séparatistes de Donetsk et de Lougansk, qui tentent de faire sécession dans l'Est de l'Ukraine. La Russie a promis jeudi de répondre par des mesures «douloureuses», a dit le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. «La nouvelle décision de l'administration américaine d'introduire des sanctions sous un prétexte fallacieux contre un certain nombre d'entités et individus russes ne peut pas être qualifiée autrement que scandaleuse et inacceptable», a-t-il déclaré.

«Nous ne cherchons pas un effet temporaire et ne souhaitons pas copier les méthodes de l'administration américaine (...). Nous ne répondrons pas à la provocation et agirons calmement», a-t-il poursuivi.

Nouvelle liste

Réunis en sommet à Bruxelles, les Européens ont de leur côté décidé de nouvelles sanctions plus légères que celles des Américains. Elles ciblant des «entités» - y compris russes - accusées de soutenir «matériellement ou financièrement» les actions menaçant ou sapant la souveraineté de l'Ukraine. Leur liste sera déterminée d'ici la fin juillet.

L'UE a aussi décidé du gel de programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Jusqu'ici, elle avait interdit la délivrance de visas et gelé les avoirs de plus de 70 personnalités russes et ukrainiennes.

Basée à Luxembourg et spécialisée dans le financement des entreprises, la BEI a engagé près de 1,6 milliard d'euros (1,9 milliard de francs) sous forme de prêts en Russie depuis 2003. Impliquée depuis plus longtemps, la Berd, installée à Londres, a financé quelque 790 projets en Russie pour un montant de 24 milliards d'euros.

Levée d'embargo

Les dirigeants européens ont décidé par ailleurs de lever l'embargo imposé sur les exportations vers l'Ukraine d'équipements sécuritaires de protection comme les casques et les gilets pare-balles. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait expliqué que les Européens voulaient essentiellement «faire preuve de fermeté tout en maintenant le dialogue».

A Berlin la chancelière Angela Merkel avait estimé estimé que la Russie «n'avait pas suffisamment satisfait» les attentes pour faire baisser la tension en Ukraine, selon son porte-parole Steffen Seibert.

Kiev avait engagé une offensive diplomatique pour obtenir l'adoption de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée de soutenir les séparatistes armés dans l'Est. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait demandé des sanctions soulignant que «des combattants et des armes» continuaient toujours d'arriver de Russie dans l'Est où le conflit a fait plus de 600 morts en trois mois.

Visioconférence prévue

Alors que les efforts menés par l'Allemagne et la France pour trouver une solution à la crise semblent dans l'impasse depuis plusieurs jours, deux dirigeants rebelles ont annoncé à Donetsk qu'une visioconférence du «groupe de contact» sur l'Ukraine (OSCE, Ukraine, Russie) se tiendrait avec la participation des insurgés jeudi ou vendredi soir. Chacun a donné une date différente.

La veille, l'OSCE avait déploré qu'une telle réunion n'ait pu avoir lieu et en a rejeté la responsabilité sur les rebelles.

Le conflit avec les séparatistes pèse lourdement sur l'économie ukrainienne, qui était déjà mal en point avant qu'il commence. La banque centrale a annoncé que son taux directeur allait augmenter de trois points jeudi dans le cadre de la lutte contre l'inflation, passant de 9,5 à 12,5%, ce qui va aggraver le repli de l'économie, estimé à -5% en 2014 par le Fonds monétaire international. (ats)

Les sanctions nuiront aux intérêts américains, assure M. Poutine

Vladimir Poutine a affirmé jeudi que les nouvelles sanctions américaines contre son pays causeraient de graves dommages à la relation avec Moscou et nuiraient aux intérêts américains.

Le président russe, qui effectue une tournée de six jours en Amérique latine, a indiqué que Moscou prendrait son temps avant de répliquer.

«Sans aucun doute dans cette affaire, les sanctions conduisent les relations russo-américaines dans une impasse (et) leur causent de graves dommages», a déclaré M. Poutine, en visite à Brasilia et cité par l'agence russe Itar Tass. «Et je suis convaincu que cela nuira aux intérêts à long terme de l'État et du peuple américains», a-t-il déclaré à des journalistes.

«Il faut regarder le contenu de ces sanctions, examiner tout cela dans le détail, sans hâte, calmement», a ajouté le président russe, affirmant cependant que les sociétés américaines dans le domaine énergétique seraient parmi les premières victimes des nouvelles sanctions américaines.

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