Actualisé 05.03.2011 à 08:38

Réaction officielle du régime KadhafiLes sanctions de l'ONU «doivent être suspendues»

Le régime du «Guide»libyen demande que la résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies «soit suspendue jusqu'à ce que la vérité soit établie».

Le régime de Mouammar Kadhafi a réclamé vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU de suspendre les sanctions adoptées samedi dernier contre le dirigeant libyen en raison de la répression contre l'opposition libyenne.

Lettre au Conseil de sécurité

Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, le régime souligne que le recours à la force contre les manifestants a été «minimal» et que le gouvernement était «stupéfait» par les sanctions adoptées dans une résolution samedi.

Le régime réclame que les sanctions contre Mouammar Kadhafi et son entourage «soient suspendues jusqu'à ce que la vérité soit établie».

La lettre, datée du 2 mars, a été envoyée au Conseil de sécurité par Musa Mohammad Kusa, chef du Comité populaire libyen pour les Relations extérieures.

Il s'agit de la première réaction officielle du régime libyen à l'ONU.

Sanctions adoptées par l'ONU

La Conseil de sécurité a adopté samedi dernier une résolution à l'unanimité qui impose des sanctions sévères à Mouammar Kadhafi, sa famille et son entourage, y compris un gel des avoirs et une interdiction de voyages.

La résolution demandait aussi que le procureur à la Cour pénale internationale (CPI) examine «la situation en Libye depuis le 15 février», les exactions perpétrées pouvant être assimilées à des crimes contre l'humanité.

Selon la Ligue libyenne des droits de l'homme, la répression a fait 6000 morts.

«La vérité doit être établie»

La résolution du Conseil de sécurité a été adoptée «sur la base de journaux étrangers et d'informations de presse plutôt que sur des faits documentés et vérifiés par une commission d'enquête indépendante», estime le courrier de Musa Mohammad Kusa.

La force a été utilisée «contre des personnes violant la loi (...) qui ont exploité d'autres personnes pour commettre des actes de destruction et de terrorisme», assure la lettre.

«Depuis le début de la crise, des instructions strictes ont été données pour que (...) la plus grande retenue soit employée en réponse aux provocations», indique le document.

«Les autorités libyennes veulent conduire un dialogue national élargi et les parties concernées sont engagées dans les préparatifs d'un tel dialogue, qui doit commencer dès que possible», continue la lettre.

«Depuis que les troubles ont commencé, toutes les mesures possibles ont été prises pour assurer la sécurité et protéger les propriétés de tous les étrangers en Libye et faciliter le voyage de ceux qui souhaitent quitter le pays», affirme encore le courrier.

S'agissant de la Cour pénale internationale, le régime de Kadhafi explique que bien que n'étant pas membre de la Cour, il est prêt à coopérer avec elle mais sur le principe «de la primauté des tribunaux nationaux».

En conclusion, le régime libyen demande que la résolution «soit suspendue jusqu'à ce que la vérité soit établie».

«Je dirais que c'est juste un autre exemple du refus du régime d'accepter les conséquences de ses actions. Cependant, cela montre aussi qu'ils sont secoués par l'action ferme et unie de la communauté internationale», a indiqué à l'AFP un diplomate occidental de l'ONU. (afp)

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