12.10.2020 à 04:01

santéLes sangliers radioactifs ne font pas peur aux cantons romands

Trente-quatre ans après la catastrophe de Tchernobyl, des traces de radioactivité sont encore décelées dans le gibier aux Grisons. En Suisse romande, on ne teste pas.

de
Frédéric Nejad Toulami
Trop radioactive, la viande analysée au Tessin et dans les Grisons est confisquée et détruite.

Trop radioactive, la viande analysée au Tessin et dans les Grisons est confisquée et détruite.

Getty Images

Alors que la saison de la chasse bat son plein dans certains cantons, une info n’est pas passée inaperçue il y a quelques jours. Un cochon sauvage sur deux abattus en forêt et contrôlés par les Services vétérinaires des Grisons contient trop de radioactivité; la viande, impropre à la consommation, a été détruite.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle annonce provenant du Tessin, où des analyses sont menées depuis 2013, et des Grisons depuis 2020, est faite ces dernières années (lire l’encadré). Mais qu’en est-il des vérifications sanitaires similaires ailleurs en Suisse? «Nous ne pratiquons pas de telles analyses car nous ne sommes pas équipés pour cela et le canton de Vaud a été peu ou pas touché par les retombées de Césium 137», déclare Denis Pittet, porte-parole de la Direction générale de l’agriculture et des affaires vétérinaires. Même son de cloche du côté du Valais: contrairement au bétail de boucherie, le gibier tiré lors de la chasse n’est pas soumis à un contrôle officiel systématique, précise le vétérinaire cantonal Eric Kirchmeier. «Et vu que notre canton n’a pas été touché comme le Tessin ou les Grisons, nous n’y analysons pas la radioactivité des animaux sauvages.»

Arc jurassien et région du lac de Constance à surveiller

Cheffe de la section radioactivité environnementale à l’Office fédéral de la Santé publique, la Dre Sybille Estier confirme le peu de retombées radioactives en Suisse romande. Elle estime toutefois qu’il ne serait pas inutile de réaliser des analyses dans l’arc jurassien. Et elle se montre plus soucieuse des cantons de Saint-Gall et de Thurgovie, dans la région du lac de Constance, aussi touchée que les Grisons par l’infiltration du Césium 137 de Tchernobyl.

Pluies radioactives

Après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, du Césium 137 a été propulsé dans les airs et, poussé par les vents, a traversé l’Europe, et donc la Suisse, surtout du côté du Tessin et dans le sud des Grisons. Il a beaucoup plu à la même période dans ces cantons, où l’eau contaminée a pénétré profondément dans les sols. Le césium reste dangereux au moins 30 ans et certains champignons, comme la truffe du cerf très prisée des cochons sauvages, sont de véritables éponges sous terre. C’est pourquoi la radioactivité, mesurée en becquerel, est encore présente en trop grande quantité dans la chaîne alimentaire.

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163 commentaires
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Joaqime

12.10.2020 à 08:01

Je déteste tous les chasseurs !

Carlos

12.10.2020 à 08:00

STOP À LA CENSURE DE 20' ! Il y en à marre ! Arrêtez de supprimer tous mes postes. Merci.

Tania

12.10.2020 à 07:52

J'aime la radioactivité...dans les chasseurs !