06.04.2020 à 06:17

Coronavirus

Les sans-abri lausannois n'auront plus à «zoner»

Les six lieux d'hébergement de nuit passent à un accueil 24h/24. Mais, contrairement à Genève, la capitale vaudoise a choisi de ne pas tout centraliser.

de
Francesco Brienza
Keystone

Difficile pour les sans-abri de respecter les consignes fédérales qui demandent aux gens de limiter au maximum les sorties. A Lausanne, un début de solution sera proposé dès lundi. Les lieux d'hébergement d'urgence, ouverts jusqu'ici uniquement de nuit, seront en fonction 24h/24. L'Etat de Vaud a donné son feu vert, et le financement qui va avec, jeudi soir.

Une solution pour ne plus traîner dehors

Ces dernières semaines, la situation était devenue tendue. Les deux principaux lieux d'accueil de jour de la capitale vaudoise avaient fermé à cause du coronavirus. Résultat, les sans-abri sans emploi et sans ressource pouvaient se retrouver à «zoner» en attendant que les structures nocturnes rouvrent. L'Association du Sleep-in, qui gère l'un de ces hébergements d'urgence de nuit dans l'ouest lausannois, a dénoncé la situation jeudi, après que des utilisateurs ont été sanctionnés d'une amende pour s'être rassemblés à plus de 5 devant le bâtiment en début d'après-midi.

Dès lundi soir, une solution permettra d'éviter ce problème. Les six unités qui composent le réseau d'urgence lausannois seront ouvertes non-stop. Il s'agit de l'Abri-L'Etape, la Marmotte, le Répit, le Sleep-in, et des deux structures ouvertes depuis le début de la crise du Covid-19, au gymnase du Bugnon et aux Casernes. «C'est ce que nous voulions faire depuis le début mais il a fallu un temps d'adaptation», explique Eliane Belser, responsable de l'aide d'urgence à Lausanne. Désormais, 208 places sont en permanence à la disposition des plus démunis. «Cela permet aux gens d'arrêter de se balader et de pouvoir se fixer quelque part, c'est très important.»

Stratégie différente à Genève

La solution retenue à Lausanne est à l'opposé de celle proposée à Genève, qui consiste à centraliser les usagers dans un unique site, à savoir la caserne des Vernets. Un choix stratégique passablement critiqué dans le tissu associatif. «Notre approche multi-sites offre la possibilité de conserver les personnalités des lieux et de bien séparer les différentes populations (ndlr: familles, personnes âgées ou dépendantes), souligne Eliane Belser. Je pense également que les usagers vivent mieux dans de petites structures.»

A noter qu'à Renens (VD), les églises pourraient bientôt proposer leur propre accueil de jour. Selon nos informations, le projet est à bout touchant.

Yverdon passe aussi à plein temps

La deuxième ville du canton de Vaud a également choisi de prolonger les heures d'ouverture de son lieu d'accueil d'urgence du collège de la Place d'Armes. Depuis la fin de la semaine dernière, vingt personnes peuvent y être accueillies à la journée. Elles se voient aussi offrir un repas du soir, un petit-déjeuner et des collations durant la journée. La mesure vise à compenser la fermeture de l'espace d'accueil géré jusqu'ici par Caritas Vaud. L'association met à disposition des équipes, qui sont soutenues par la protection civile.

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