Actualisé 11.06.2012 à 12:58

Douane de Bardonnex (GE)Les «Savoisiens» lèvent le camp, le trafic reprend

Les indépendantistes savoyards seront reçu ce lundi par le préfet de Haute-Savoie. Ils souhaitent aussi une entrevue avec Rémy Pagani, maire de Genève.

de
Jérôme Faas
Après négociations avec les autorités françaises et suisses, les militants ont cessé de bloquer le trafic lundi matin et manifestaient sur le bas-côté.

Après négociations avec les autorités françaises et suisses, les militants ont cessé de bloquer le trafic lundi matin et manifestaient sur le bas-côté.

Cinq kilomètres de bouchon pour entrer à Genève dimanche après-midi, quatre kilomètres lundi matin, et le tour est joué: le préfet de Haute-Savoie, Pierre Derumigny, a accepté de rencontrer les manifestants qui perturbaient le trafic à la douane de Bardonnex au nom de la «Savoie libre». Les militants ont plié bagages lundi à midi, condition sine qua non pour obtenir l'entrevue désirée. Ils seront de retour en soirée, mais promettent de ne plus bloquer la circulation.

Entrevue avec le maire de Genève

Les indépendantistes, qui se déclarent séduits par le fédéralisme suisse, ont demandé à être reçus par le maire de Genève, Rémy Pagani. «Nous espérons que la Ville reconnaisse à part entière la Savoie», explique Jean Blanc, leur chef de file. Le magistrat les entendra «bien volontiers». Il explique néanmoins ne disposer d'aucune compétence pour reconnaître un état. «Seule la Confédération est habilitée à le faire. je ne vais pas marcher sur ses plates-bandes.»

Les indépendantistes estiment que la Savoie n'est plus française depuis juin 1940. L'administration hexagonale y serait «incompétente et illégitime». Ils en veulent pour preuve «la relaxe systématique, devant les tribunaux, des personnes roulant avec une plaque d'immatriculation savoisienne».

Occupation et terrorisme

Jean Blanc poursuit le raisonnement. «Si des terroristes s'installent ici et que les forces françaises les arrêtent, avec de bons avocats, ils seront à coup sûr libérés. Nous avons peur pour la sécurité de la population, puisque nous sommes occupés par un pays, la France, qui n'a aucune légitimité pour se faire respecter.»

«La valeur du travail»

D'autres militants, plus jeunes, expliquent pêle-mêle se distancier des valeurs «guerrières» de la République, vouloir remettre au goût du jour «la valeur du travail», désirer en finir avec les 35 heures et les RTT, s'opposer à la centralisation à outrance, et contester un développement «basé sur le gaz de schiste».

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