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Accélérateur de particulesLes scientifiques du CERN s'arment de patience, «jusqu'à fin mai»

Entré en fonction le 10 septembre, le LHC ou Grand collisionneur d'hadrons, a connu un incident technique qui a reporté l'expérience scientifique au printemps.

par
Didier Bender

Les scientifiques du CERN à Genève devront encore patienter avant de percer les mystères de l'univers. La faute à la panne du nouvel accélérateur de particules. «J'estime qu'un mois après son redémarrage, vers fin mai, nous pourrons assister à la première collision de deux faisceaux», a annoncé lundi à la presse Lyn Evans, chef de projet. «Il est exclu de faire fonctionner l'accélérateur en hiver parce que le coût de l'électricité est dix fois plus élevé». Le CERN profite aussi de cette période pour effectuer la maintenance de ces machines.

Que s'est-il passé dans l'anneau souterrain de 26,7 km de long? «Le LHC est composé de huit secteurs indépendants, que l'on peut refroidir ou tester indépendamment», explique Lyn Evans. Les sept secteurs testés fonctionnaient parfaitement.

Sur 10'000 connexions, une seule défectueuse a provoqué la panne

«Nous avons utilisé un contretemps pour pousser la machine à son énergie maximal dans le secteur qui n'avait pas encore testé, relève Lyn Evans. Il est situé sous le Jura. Un court-circuit est à l'origine de la fonte d'une connexion entre deux aimants.». Il y a 10'000 connexions comme cela dans le LHC. «Notre préoccupation aujourd'hui est de nous assurer qu'il n'y a pas un autre joint défectueux dans la machine, parce qu'un tel incident ne peut pas arriver deux fois».

Aucune inquiétude pour la population

Pour couper court aux rumeurs de la dangerosité de cette installation et de son éventuel impact radiologique, Maurizio Bona, chef de la commission de sécurité revient sur les circonstances de l'incident «Quand il y a eu le problème, il n'y avait pas de faisceau en circulation». Et rassure, le scientifique du CERN, «la quantité de radiation reçue par une personne qui habite la région est plus faible que celle que l'on reçoit lors d'un vol Genève – New York.

«Nous n'allons pas recréer le Big Bang»

Parmi les voix qui se sont élevées avant la mise en service du LHC, les pessimistes ont prédit la fin du monde, d'autres ont évoqué le fameux Big Bang qui a prévalu à la création de l'Univers. «Contrairement à ce qui a été écrit, nous n'allons pas recréer le Big Bang, corrige John Ellis, physicien théoricien au CERN. Nous étudions quelques collisions qui représentent ce qui s'est passé lors du Big Bang, avant sans doute de mieux le comprendre.»

La mise en fonction du LHC au printemps prochain ne sera qu'une étape dans cette étude scientifique. Il faudra encore patienter une année pour, peut-être, lever le voile sur certains mystères de la création de l'univers.

Lyn Evans, chef de projet LHC au CERN (vidéo: 20 minutes online):$$VIDEO$$

Inauguration le 21 octobre

L’inauguration en grande pompe du LHC est maintenue au 21 octobre. Près de 1500 invités, parmi lesquels des Chefs d’Etat sont annoncés. «J’aurais préféré que la machine tourne avec les deux faisceaux », concède Lyn Evans, chef du projet LHC. Seule garantie: l’ampleur exact des problèmes rencontrés par l’accélérateur de particules sera connue, et communiqué, avant cette date.

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