Actualisé 15.04.2020 à 17:18

Renens (VD)

Les secours «oublient» de signaler la mort de maman

Un cafouillage a entouré le décès brutal d'une octogénaire. Ses enfants ont été avertis très tard, après une journée d'angoissantes recherches.

de
Francesco Brienza
Keystone

«Ce sentiment d'effroi, je ne le souhaite à personne. C'était épouvantable.» Vendredi 3 avril, Jean-Claude et ses frères et sœur ont perdu leur maman, foudroyée par un arrêt cardiaque en pleine rue. L'octogénaire se rendait de bon matin à la poste. «C'était la routine, raconte le fils. Elle revenait toujours juste après, ou alors elle s'arrêtait pour boire un café.»

Journée d'angoisse

Cette fois-ci, à midi, toujours pas de nouvelles. L'un des enfants, chez qui la dame vivait, commence à s'inquiéter. «Nous avons commencé à chercher partout, raconte Jean-Claude. J'ai fait trois fois le tour de la ville, je suis allé au tea-room, j'ai appelé sa meilleure amie. Ça n'a rien donné.» En milieu d'après-midi, l'inquiétude se mue en angoisse. Et s'il lui était arrivé quelque chose? «Mon frère a appelé le CHUV, les cliniques, la police... Personne ne savait rien», déplore-t-il.

Cafouillage entre services

Pourtant, la malheureuse était à la morgue depuis longtemps: les secours avaient constaté son décès à 8 h du matin déjà. Des policiers sont finalement venus annoncer la mort à la famille, à 17 h. Un délai anormalement long, selon un expert des pompes funèbres que nous avons interrogé. Surtout que la défunte avait tous ses papiers sur elle, et que son domicile se trouvait à moins d'un kilomètre.

Contactées, les forces de l'ordre admettent un couac autour du décès de l'octogénaire et font profil bas. «Il y a eu une succession d'incompréhensions entre les différents services médicaux et policiers dans ce dossier, admet Florence Maillard, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Nous présentons nos sincères condoléances aux proches de cette dame et nous excusons pour le traumatisme.»

Une procédure claire

Ces erreurs sont tout à fait exceptionnelles. En principe, les annonces de décès suivent un protocole précis. Lors des morts manifestement naturelles, c'est le personnel médical qui se charge de contacter les proches pour leur apprendre la triste nouvelle. Pour les cas plus suspects, qui incluent les accidents, des policiers se rendent au domicile de la famille. «Dans tous les cas, les annonces se font au plus vite, explique Florence Maillard. Mais parfois, cela peut prendre plus de temps si le défunt n'avait aucun papier sur lui, ou si les proches sont à l'étranger.»

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