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JO 2012Les semaines de calvaire d'un dopé

L'Italien Alex Schwazer s'est excusé d'avoir «fait une grande erreur» en se dopant à l'EPO dans la perspective des 50 km marche des JO, en assurant ne l'avoir jamais fait avant.

L'Italien Alex Schwazer lors de sa conférence de presse.

L'Italien Alex Schwazer lors de sa conférence de presse.

Déjà effondré mardi lors du journal télévisé de la RAI, l'Italien n'est pas parvenu à retenir ses larmes face à une foule de journalistes lors d'une conférence de presse à Bolzano (It).

Schwazer s'est dit «content» à l'idée que le CIO puisse réexaminer ses analyses des JO de Pékin en 2008, où il avait été titré sur 50 km. «A Pékin, j'ai fait la course avec le taux d'hémoglobine d'un anémique, ce qui démontre que je ne pouvais être dopé», a expliqué le marcheur italien. «Je ne peux qu'être content si toutes les analyses antidopage des dernières années étaient réexaminées et publiées.»

L'Italien de 27 ans a été contrôlé positif à l'EPO (érythropoïétine) lors d'un contrôle diligenté le 30 juillet par l'Agence mondiale antidopage à Oberstdorf (All), où il s'entraînait. Il a été exclu lundi par son comité olympique des JO de Londres alors qu'il n'avait pas encore rejoint la capitale britannique.

Les mensonges à son entourage

Fondant en larmes, Schwazer a souligné que «ces trois dernières semaines ont été les plus difficiles de toute ma vie», en admettant avoir menti constamment à son entourage, notamment à sa fiancée la championne de patinage artistique Carolina Kostner. «Tu es à la maison et tu attends que ta fiancée parte à l'entraînement pour t'enfermer dans la salle de bain et te faire une piqûre d'EPO. Je disais à Carolina que les flacons qu'elle voyait dans frigo étaient de la vitamine B12.»

L'Italien a affirmé avoir «tout fait tout seul car je ne voulais pas causer d'ennuis à qui que ce soit». Il s'est informé sur internet avant d'aller en Turquie où il n'y a «pas besoin d'ordonnance pour acheter ce médicament». Il a dit s'être rendu dans une pharmacie à Antalya en septembre 2011 où, moyennant 1500 euros, il s'est procuré l'EPO qu'il a conservé ensuite au réfrigérateur. «C'était absolument immonde. Etre seul dans une pièce, et faire cela a été vraiment très dur», a expliqué Schwazer.

Le contrôle décisif du 30 juillet

Lorsqu'il a été question d'évoquer le jour du contrôle anti-dopage, Schwazer n'a omis aucun détail: «Je m'entraînais comme toujours. Le 13 juillet j'ai eu un contrôle à Obersorf. Après cela, j'ai commencé a m'injecter de l'EPO. Durant trois semaines je me levais à entre 2 et 5 heures du matin car je savais qu'à 6h, on pouvait frapper à ma porte pour un nouveau contrôle. Il fallait que je puisse dire à ma fiancée de ne pas ouvrir parce que j'étais positif.»

C'est le 30 juillet, alors que le 29 au soir il s'était fait sa dernière injection, que tout s'est joué. «Quand ils ont sonné chez moi le 30, j'ai tout de suite su que c'étaient eux», a confessé l'Italien. «Mais je n'ai pas eu le courage de demander à ma mère de leur mentir en leur disant que j'étais absent. Je n'en pouvais plus, je voulais que tout cela s'arrête.»

«L'an dernier, après trois ans très difficiles, après les Championnats d'Europe, je m'étais demandé s'il ne fallait pas que je mette un terme à ma carrière», se souvient l'athlète. «A la fin de la saison 2011, il a fallu que je prenne une décision. Les JO se rapprochaient et j'ai perdu toute ma lucidité et je me suis mis la pression tout seul. Je n'ai pas su dire non au dopage en vue de Londres. Je voulais revenir encore plus fort qu'avant. Je regrette tellement cette immense erreur», a-t-il terminé en larmes. (ats)

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