Nord du Kosovo: Les Serbes démantèlent des barricades
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Nord du KosovoLes Serbes démantèlent des barricades

Les Serbes du nord du Kosovo ont entrepris lundi de démanteler plusieurs barricades, dont deux à Jagnjenica, où des heurts s'étaient produits la semaine dernière.

Des représentants de la Force de l'Otan au Kosovo (Kfor) et des Serbes du nord du Kosovo sont parvenus à un accord sur le démantèlement de ces deux barricades à Jagnjenica, a indiqué un responsable serbe local.

En vertu de cet accord, la Kfor retire ses transporteurs blindés de troupes du site et les Serbes démantèlent leurs barricades, a précisé Slavisa Ristic, le maire de Zubin Potok, une localité proche.

Le correspondant de l'AFP sur place a constaté que les travaux de déblaiement des deux barricades étaient en cours à Jagnjenica.

C'est à cet endroit que des heurts très violents s'étaient produits le 28 novembre entre la Kfor qui voulait démanteler les barricades serbes, et des manifestants. Plusieurs dizaines de personnes avaient été blessés, dont 25 soldats de l'Otan. Deux d'entre eux avaient été blessés par balles.

Trois autres à Jarinje

Par ailleurs, les Serbes ont démantelé trois autres barricades sur la route menant vers le point de passage de Jarinje, entre le Kosovo et la Serbie, selon le correspondant de l'AFP.

La Kfor a salué dans un communiqué ces différentes opérations de démantèlement, les qualifiant de «pas en avant» pour rétablir la liberté de mouvement dans la région.

Mais la Kfor a souligné qu'il y avait toujours des «amoncellements de gravier» à Brnjak et Jarinje, les deux points de passage entre le Kosovo et la Serbie au centre de la tension depuis l'été.

Ces obstacles, qui se trouvent du côté serbe de la frontière, «entravent la liberté de mouvement des citoyens se dirigeant vers le nord», a ajouté la Kfor.

Silence des autorités

Aucun responsable serbe du nord du Kosovo n'a commenté ces développements, ni indiqué s'ils annonçaient le démantèlement de la totalité des 19 barricades dressées dans la région par les Serbes depuis l'été.

A Belgrade, le mutisme était également de mise lundi en début d'après-midi.

Ces développements interviennent après l'accord de dernière minute conclu vendredi à Bruxelles sous les auspices de l'Union européenne entre la Serbie et le Kosovo sur la gestion «intégrée» des «points de passage» entre les deux territoires.

Cet accord, à quelques jours de la décision des Européens d'octroyer ou non à la Serbie le statut de candidat à l'UE, vise à résoudre la crise survenue cet été autour des passages frontaliers ou «points de passage» entre le Kosovo et la Serbie.

Les Serbes du nord du Kosovo avaient érigé ces barricades pour s'opposer à tout contrôle des autorités de Pristina, qu'ils ne reconnaissent pas, sur ces passages.

Adhésion à l'UE

La Serbie ambitionne d'obtenir le statut de candidat à l'UE lors du sommet européen des 8-9 novembre. Elle espère, avec l'accord conclu vendredi, convaincre les Etats encore réticents, parmi lesquels l'Allemagne, à lui accorder le statut de candidat.

La Serbie entretient de nombreuses institutions parallèles dans le nord du Kosovo, où la majorité de la population est serbe, et dispose par conséquent de forts moyens de pression sur Pristina. (afp)

L'Otan appelle la Grèce et la Macédoine à régler leurs différends

L'Otan a réaffirmé lundi qu'elle proposerait à la Macédoine d'adhérer à l'Alliance une fois qu'elle aura résolu son différend avec la Grèce, après la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) critiquant Athènes.

«Une invitation sera adressée à l'Ancienne République yougoslave de Macédoine dès qu'une solution acceptable par les parties sur la question du nom (du pays) sera obtenue», a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen.

Cette proposition avait été mise sur la table en 2008 au sommet de l'Alliance à Bucarest, a-t-il rappelé dans un communiqué.

Athènes bloque depuis 1991 la reconnaissance internationale de la Macédoine sous ce nom, considérant que celui-ci appartient exclusivement à son patrimoine historique national.

En novembre 2008, la Macédoine avait saisi la CIJ, reprochant à la Grèce d'avoir mis son veto à son adhésion à l'Otan et d'avoir violé l'accord intérimaire conclu entre les deux pays en 1995 et qui régit leurs relations bilatérales.

La CIJ a estimé que la Grèce ne s'était «pas conformée» à ses obligations mais n'a pas estimé nécessaire, contrairement à ce qu'exigeait la Macédoine, de lui ordonner de s'abstenir à l'avenir de s'opposer à son adhésion à d'autres organisations internationales dont la république hellénique est membre.

Après cette annonce, le ministère grec des Affaires étrangères a indiqué qu'Athènes allait «étudier» la décision de la CIJ.

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