«Les sites Web qui incitent à l'anorexie me révoltent»
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«Les sites Web qui incitent à l'anorexie me révoltent»

LAUSANNE – Une association romande va créer de nouveaux groupes pour encadrer les victimes d'anorexie.

«Pendant près d'un an, j'ai pesé 30 kg pour 160 cm», explique Myriam*, 27 ans, qui en est sortie il y a deux ans. Tout a commencé par un «bête» régime, qui a vite dégénéré. «Je voyais bien qu'il y avait un problème, mais je ne me rendais pas compte que j'étais malade.» Puis viendra une volonté de vivre – «Un déclic, un sentiment profond» – qui va lui permettre de sortir de son «suicide inconscient» après cinq ans. Car l'anorexie tue dans près de la moitié des cas. Que cela soit par un suicide ou des suites des conséquences physiques. Ce qui n'empêche par les sites vantant ce trouble psychiatrique de fleurir sur le Web. On y retrouve souvent les silhouettes faméliques de people, comme Nicole Richie ou Keira Knightley. Le décès le 15 novembre d'un mannequin brésilien de 21 ans – 40 kg pour 174 cm – a secoué l'univers de la mode, le poussant à faire son auto-critique. En Europe et en Amérique du Nord, 1% des femmes et 0,1% des hommes entre 15 et 35 ans souffrent d'anorexie.

«Nous avons de plus en plus de demandes d'aide, explique la psychiatre Maria Carola. Pas forcément parce que les cas sont en hausse, mais aussi parce qu'on diagnostique mieux l'anorexie.» L'Association boulimie-anorexie, qu'elle préside, organise chaque mois des soirées destinées aux victimes et à leur entourage. De nouveaux groupes de travail seront créés cette année.

Cédric Alber

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