Vaud – Les six braqueurs d’Eysins devant les Assises de Lyon
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VaudLes six braqueurs d’Eysins devant les Assises de Lyon

La spectaculaire attaque d’un fourgon blindé en 2017 sera jugée dès lundi. Les voleurs présumés risquent gros.

par
Richard Schittly
Plusieurs braquages de fourgon ont défrayé la chronique en Suisse. Ici, celui au Mont-sur-Lausanne, en 2019.

Plusieurs braquages de fourgon ont défrayé la chronique en Suisse. Ici, celui au Mont-sur-Lausanne, en 2019.

Patrick Martin/VQH

Un procès emblématique des attaques du banditisme lyonnais en Suisse s’ouvre lundi 22 novembre devant la cour d’assises de Lyon, pour dix jours d’audiences. Six hommes âgés de 33 à 51 ans sont accusés d’avoir participé au vol d’un fourgon blindé de la société Loomis, perpétré le 24 mai 2017, à Eysins (VD), pour un butin record de près de 40 millions de francs.

Armés de fusils d’assaut

Après avoir stoppé le véhicule en pleine nuit, avec des berlines volées, le commando, armé de fusils d’assaut, avait ligoté et séquestré les deux convoyeurs, puis transféré le fourgon sur un chemin rural, près de Divonne-les-Bains (Ain). Les malfaiteurs avaient emporté des sacs de billets de différentes devises, quatre lingots d’or, et 27’640 pierres précieuses. Quelques heures plus tard, ils étaient interpellés par la brigade antigang de Lyon, alors qu’ils étaient en train de compter leur butin, dans une villa de Chavanod, dans la région d’Annecy, en Haute-Savoie (F).

Pierres précieuses dans les cendres

A la recherche d’indices, les enquêteurs ont tamisé les cendres du fourgon calciné par les malfaiteurs, près de Divonne-les-Bains. Ils ont eu la surprise de découvrir 48 pierres précieuses dans les résidus brûlés, qui avaient échappé aux braqueurs lors du brigandage. L’anecdote en dit long sur la précipitation des malfaiteurs, pressés de transférer leur butin, retrouvé dans 25 sacs remplis de billets.

Bande bien organisée

Ce flagrant délit d’anthologie résultait de surveillances menées depuis plusieurs mois par la police judiciaire de Lyon, sur un des suspects au fort passé de délinquant. Pour les juges lyonnais, spécialisés dans la lutte contre la grande criminalité, cette affaire relève «d’une organisation structurée et hiérarchisée, dont chacun des membres avait un rôle attribué et prédéfini». Issus des cités de la périphérie de Lyon, les braqueurs présumés ont cherché à minimiser leur participation, sans vraiment pouvoir nier leur présence sur les lieux du crime, compte tenu de leur arrestation immédiate.

Bien connus à Genève

Deux hommes parmi les suspects sont déjà bien connus de la justice genevoise. Ils ont été condamnés ensemble pour brigandage, le 27 juin 2013, à des peines de 4 et 7 ans de prison. Un troisième accusé a écopé de 7 ans de détention, prononcés en 2015 à Lyon, pour vol avec arme en Suisse. Ce qui fait dire aux enquêteurs que les présumés braqueurs étaient en terre connue en Suisse. L’affaire de Chavanod s’inscrit dans la vague du banditisme lyonnais qui déferle depuis une dizaine d’années en territoire suisse.

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