Election complémentaire - Les socialistes fribourgeois perdent leur siège au Conseil des Etats
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Élection complémentaireLes socialistes fribourgeois perdent leur siège au Conseil des États

Isabelle Chassot (Centre) remporte l’élection complémentaire organisée pour remplacer Christian Levrat, démissionnaire. Elle devance largement le socialiste Carl-Alex Ridoré.

par
Xavier Fernandez
La centriste Isabelle Chassot n’a laissé que des miettes à son adversaire socialiste 

La centriste Isabelle Chassot n’a laissé que des miettes à son adversaire socialiste

fr.le-centre.ch

Finalement, il n’y aura pas eu match à Fribourg. La candidate du Centre, Isabelle Chassot, s’est imposée dimanche dans l’élection complémentaire aux Conseil des États avec plus de 20’000 voix d’avance sur son concurrent, le socialiste Carl-Alex Ridoré. «Je suis la première à être surprise par cet écart. Je l’ai déjà dit en juin, nous étions le challenger de cette élection. Je m’attendais à des résultats beaucoup plus serrés. Je pensais que ça se jouerait à quelques centaines de voix. Nous avons mené une campagne de proximité et j’ai misé sur les réseaux sociaux. Peut-être était-ce la bonne stratégie?», glisse-t-elle au micro de «La Liberté».

Dans le détail, Isabelle Chassot a obtenu 54’695 suffrages, soit 62’66% des voix. Quant à Carl-Alex Ridoré, il n’en a totalisé que 32’591, soit 37,34%. Le préfet de la Sarine n’a pas été davantage prophète en son pays qu’ailleurs. Même son district a plébiscité son adversaire (61,90% en Sarine pour Isabelle Chassot).

Ainsi, les deux représentants fribourgeois au Conseil des États seront en réalité des représentantes, la nouvelle élue rejoignant à Berne la Gruérienne Johanna Gapany (PLR). «Que deux femmes se retrouvent au Conseil des États, je m’en réjouis beaucoup. Je n’ai pas fait campagne là-dessus, mais c’est un moment historique pour ce canton», poursuit Isabelle Chassot.

Une perte historique pour les socialistes

Pour Le Centre, anciennement le Parti démocrate-chrétien (PDC), cette victoire permet aussi de récupérer le siège perdu lors des élections cantonales de 2019. Alors qu’il se présentait à sa réélection, Beat Vonlanthen avait été dépassé sur le fil par Johanna Gapany.

Mais, comme souvent, le bonheur des uns fait le malheur des autres. Pour le Parti socialiste, cette défaite de Carl-Alex Ridoré signifie la perte d’un siège qui lui a presque toujours appartenu depuis plus de quarante ans. Le démissionnaire Christian Levrat occupait ce poste depuis 2012 et il avait lui-même succédé à un autre socialiste, un certain Alain Berset. L’actuel conseiller fédéral avait pu reconquérir en 2003 ce siège perdu en 1999 au profit du PLR. Mais à l’exception de cette parenthèse de quatre ans, il y a toujours eu un socialiste fribourgeois au Conseil des États depuis 1979.

«On a maintenant au Conseil des États une représentation monocolore. Il sera donc d’autant plus important pour les élections cantonales de cet automne que les 40% de la population qui vote à gauche soit aussi représentée», estime Carl-Alex Ridoré, qui envisage de se présenter à nouveau pour le Conseil des États, en 2023.

Avis partagés sur le Grand Fribourg

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Grand Fribourg ne fait pas l’unanimité au sein des neuf communes concernées. D’un côté, il y a celles qui sont très largement favorables au projet de fusion, comme la Ville de Fribourg (oui à 74,14%). Puis, il y a celles qui lui sont légèrement favorables, telles que Marly (oui à 57,14%) et Belfaux (oui à 56,91%).

À l’opposé, quelques communes sont légèrement opposées à cette fusion, comme Avry (non à 60’51%), Corminboeuf (non à 63,81%) et Givisiez (non à 66,45%). Et, pour finir, il y a celles qui sont clairement contre: Granges-Paccot (non à 85%) ou Matran (non à 83,69%) et Villars-sur-Glâne (non à 73,78%). Il appartient désormais à l’assemblée constitutive d’analyser ces résultats et de se poser des questions, notamment sur l’opportunité de fusionner ou s’il y a lieu de revoir le périmètre de cette fusion.

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