Vaud - Les soignants canadiens pourraient perdre leur statut

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VaudLes soignants canadiens pourraient perdre leur statut

Jusqu’ici, leur diplôme leur permettait d’occuper un poste d’infirmier. Mais une nouvelle réglementation fédérale ne leur permettra plus de briguer ce titre. Le sujet a été porté devant le Grand Conseil, mardi.

Mardi, des infirmières canadiennes sont allées interpeller les députés vaudois pour les alerter sur leur situation.

Mardi, des infirmières canadiennes sont allées interpeller les députés vaudois pour les alerter sur leur situation.

Depuis des années, dans les hôpitaux vaudois, il est fréquent d’entendre des infirmières et infirmiers s’exprimer avec l’accent québécois. La «filière» canadienne est toujours active et permet aux établissements suisses de combler un peu le manque de personnel soignant formé dans le pays. Or, ces soignants, ou plutôt leur diplôme, sont sur la sellette: l’ordonnance sur la reconnaissance des professions de la santé, entrée en vigueur en février 2020, pourrait leur faire perdre leur statut.

Chargée de mettre en place les changements induits par cette ordonnance, la Croix-Rouge suisse note, sur son site, que les personnes détenant un Diplôme d’études collégiales en soins infirmiers (DEC) canadien ne pourront plus obtenir une reconnaissance en tant qu’infirmière/infirmier en Suisse dès le 1er août 2021. En effet, la formation canadienne est moins poussée que celle prodiguée ici: on parle de 2500 heures au Canada, contre 5500 en Suisse, a expliqué la Croix-Rouge au quotidien «24 heures». Ces personnes seront donc désormais assimilées à des assistants/assistantes en soins et santé communautaire.

«Question de cohérence»

Un changement, bien qu’annoncé dès l’an dernier, qui a fait bondir le député Vert’libéral vaudois Jean-François Chapuisat. Mardi, il a porté ce sujet devant le Grand Conseil, soulignant que cette modification concerne entre 200 et 300 soignants qualifiés, qui pratiquent leur métier en toute légalité, parfois depuis plus de vingt ans, dans les hôpitaux romands. «C’est une simple question de cohérence: on ne peut pas aller recruter sur les bancs d’école des travailleurs qualifiés étrangers, justement pour leur excellente formation, puis les expulser de notre marché du travail sans raison valable», a résumé Jean-François Chapuisat, dans un communiqué. Il a demandé que le Conseil d’Etat intervienne dans de dossier, mais la ministre de la Santé, Rebecca Ruiz, a rappelé qu’il s’agissait d’une disposition fédérale, et non cantonale, rapporte encore «24 heures».

Des solutions existent

Sur son site, la Croix-Rouge se veut plutôt rassurante à l’égard des soignants canadiens concernés. En effet, ceux qui peuvent justifier de trois ans d’activité en Suisse en tant qu’infirmière/infirmier au cours des cinq dernières années pourront obtenir l’équivalence, pour autant qu’ils la demandent avant fin juillet. Ceux qui ne sont pas dans ce cas peuvent aussi demander à faire valider leurs acquis d’expérience professionnelle ou encore suivre une formation raccourcie les menant au diplôme d’infirmière/infirmier suisse. Sachant que cette dernière solution les contraindra à débourser plusieurs milliers de francs, selon le député Vert’libéral.

(jfz)

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