Afghanistan: Les soldats français étaient mal préparés à l'embuscade des talibans
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AfghanistanLes soldats français étaient mal préparés à l'embuscade des talibans

Les soldats français en Afghanistan étaient mal préparés à l'embuscade des talibans qui a coûté la vie à dix d'entre eux le 18 août dernier, selon un rapport de l'OTAN cité par un journal canadien.

Le quotidien canadien «The Globe and Mail» dit s'être procuré un rapport classé «secret» de l'OTAN.

L'état-major de l'armée française a démenti l'existence d'un tel rapport contredisant l'analyse faite par la France.

D'après le document cité par le journal, les militaires de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN tombés dans l'embuscade n'avaient pas assez de munitions, ne disposaient que d'une seule radio qui est rapidement tombée en panne et manquaient d'autres équipements nécessaires.

Des éléments «totalement inexacts», selon l'état-major de l'armée française qui a contesté l'existence même d'un tel rapport. «On s'est déjà expliqués à de nombreuses reprises et les éléments qui sont donnés dans cet article sont totalement inexacts», a déclaré à l'Associated Press le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, conseiller en communication du chef d'état-major des armées.

«On a publiquement expliqué cette embuscade minute par minute», a-t-il ajouté, renvoyant au compte-rendu fait par l'armée française et consultable sur le site du ministère de la Défense. «Il n'y a jamais eu quatre prisonniers français», a-t-il par ailleurs insisté à propos des rumeurs de capture évoquées par le journal canadien.

Plus tard sur France-Info, il a assuré qu'il n'existait pas un tel rapport. S'il a jugé possible que des témoignages à chaud aient pu être recueillis et aient circulé, en revanche qu'un rapport global de l'OTAN existe qui contredise l'analyse rendue publique par l'armée française, «je le conteste, je le démens», a assuré Christophe Prazuck.

«The Globe and Mail» cite un document selon lequel les soldats auraient dû abandonner une contre-attaque, les armes sur leurs véhicules étant tombées à court de munitions après seulement 90 minutes de combat. Par ailleurs, des soldats français tués porteraient «des signes indiquant qu'ils ont été tués à bout portant», ajoute le «Globe and Mail».

L'état-major des armées françaises avait reconnu début septembre qu'un des dix soldats tués dans l'embuscade avait été tué par arme blanche, lors d'un «combat très rapproché».

Par contraste, les assaillants apparaissaient «dangereusement bien préparés», note le journal: tireurs d'élite, un fait inhabituel au sein de la guérilla et des armes très sophistiquées, des balles incendiaires capables de percer un blindage.

Le document explique que c'est l'intervention rapide d'autres forces internationales qui a limité les pertes lors de ces combats, dont le bilan «aurait pu être bien pire».

Les trente soldats du peloton français se trouvaient sur des collines abruptes, rocheuses et dénudées de végétation, derrière une haute crête, dans la vallée Uzbin, à environ 40 kilomètres à l'est de Kaboul. Depuis 2001, cette colline a souvent été le théâtre d'embuscades meurtrières pour les forces internationales.

Les informations du «Globe and Mail» sont publiées alors que députés et sénateurs français doivent se prononcer lundi par un vote sur la prolongation de l'intervention des forces françaises en Afghanistan. Ce vote, première application concrète de la révision constitutionnelle votée le 21 juillet dernier, a été concédé au Parlement après l'embuscade du 18 août. (ap)

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