Actualisé 16.10.2008 à 17:21

Crise financièreLes sombres perspectives font à nouveau plonger les marchés

Les marchés boursiers mondiaux ont à nouveau plongé jeudi, tétanisés par des perspectives économiques très sombres et les craintes de récession aux Etats-Unis.

La Suisse n'a pas fait exception.

Plombées par de mauvais indicateurs américains, les places européennes ont continué à sombrer, effaçant pratiquement les rebonds enregistrés lundi et mardi. Paris a perdu 5,92,%, Londres 5,35 et Francfort 4,91%. Milan cédait 6,78%, Madrid 4,11%, Amsterdam 5,69% et Zurich 3,26%, tandis que les deux places moscovites, le RTS et Micex, s'effondraient de près de 10%.

Auparavant, la baisse avait été généralisée en Asie, avec une nouvelle dégringolade historique à Tokyo (-11,41%).

Après une modeste hausse en ouverture, la Bourse de New York, qui avait connu la veille sa pire dégringolade en 20 ans, trébuchait encore lourdement, le Dow Jones abandonnant 3,56% et le Nasdaq 2,85% peu après 15H00 GMT (17h00 HEC). Les valeurs bancaires pesaient particulièrement après les lourdes pertes de Merrill Lynch et Citigroup. Vers 19h00 HEC, ces indices étaient toutefois pratiquement revenus à l'équilibre.

Signes de retournement

Les signes de retournement de la conjoncture se multiplient. Aux Etats-Unis, la production industrielle américaine, en recul de 2,8% en septembre, a enregistré sa plus forte baisse depuis décembre 1974, enfonçant les prévisions des analystes.

Le gouvernement allemand a pour sa part drastiquement révisé en baisse sa prévision de croissance pour 2009, qui atteindrait seulement 0,2% au lieu de 1,2%. La croissance de l'Allemagne, premier exportateur européen, s'établirait à son plus bas niveau depuis 2003. L'Irlande, elle, est déjà en récession

Cependant, la baisse des Bourses résulte aussi des opérations des fonds spéculatifs. «Les 'hedge funds' se voient contraints de liquider leurs positions face à d'importants retraits de capitaux», explique Tony Dolphin, économiste du gestionnaire de fonds Henderson Global Investors.

«Nous sommes désormais dans la seconde phase de recul des marchés où la liquidation des positions va saper toute remontée durable», selon Simon Denham, directeur de Capital Spreads.

Signe suisse

Signe que la santé du système bancaire européen reste chancelante, la Suisse a entrepris à son tour de recapitaliser ses banques.

Le gouvernement et la banque centrale (BNS) vont entrer au capital d'UBS, première banque suisse, à hauteur de 6 milliards de francs suisses et reprendre dans un fonds spécial jusqu'à 60 milliards de dollars d'actifs pourris. Privilégiant le recours aux capitaux privés, Credit Suisse a annoncé une augmentation de capital de 10 milliards de francs.

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