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SyrieLes souks historiques d'Alep partent en fumée

Des centaines d'échoppes sont parties en fumée samedi dans l'incendie qui s'est déclaré aux souks couverts d'Alep, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

Les rebelles ont tenté de s'infiltrer dans cette zone tenue par l'armée, provoquant des affrontements à la mitrailleuse lourde. Dans les incendies qui s'en sont suivi, les boutiques aux portes de bois, remplies d'étoffes et de broderies, se sont rapidement consumées.

Cinq de la vingtaine de marchés formant le grand souk, comme le souk des femmes, celui de l'or ou encore des abayas, ont été entièrement détruits, selon un correspondant de l'AFP et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dimanche, l'épaisse fumée noire s'était dissipée dans les ruelles du souk. L'armée empêchait les commerçants de se rendre sur place pour évaluer les dégâts, selon des commerçants interrogés par l'AFP. Des échanges de tirs résonnaient encore.

Rebelles et forces gouvernementales se rejettent la responsabilité de cet incendie. Selon l'Unesco, cinq des six sites syriens classés au patrimoine mondial, parmi lesquels figurent la ville de Palmyre, le Crac des chevaliers et plusieurs quartiers du vieux Damas, ont déjà été endommagés par les affrontements.

Attentat suicide à Qamichli

Dans la nuit de samedi à dimanche, de violents combats ont opposé soldats et rebelles dans la province d'Alep, en particulier près de l'aéroport militaire d'al-Nairab. Deux hélicoptères auraient été endommagés par des obus de mortier, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins. Ce que l'armée a démenti.

Au nord-est du pays, un attentat suicide à la voiture piégée a frappé dimanche la ville à majorité kurde de Qamichli, près de la frontière turque. L'attaque a fait au moins 4 morts et plusieurs blessés, selon la télévision d'Etat syrienne.

Le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a pour sa part fait état d'au moins 8 morts et plus de 15 blessés parmi les forces de l'ordre. Il a ajouté qu'il s'agissait du premier attentat du genre dans cette ville. Les Kurdes de Syrie se sont prudemment engagés dans la révolte contre Damas, cherchant surtout à tenir leur région à l'abri des violences.

Huit corps retrouvés

Par ailleurs, des bombardements ont visé dimanche la ville de Homs et plusieurs localités dans cette région du centre du pays. Les violences ont aussi touché les provinces de Deraa (sud), Idleb (nord- ouest), Hama (centre) et Deir Ezzor (est), selon l'OSDH.

Dans la banlieue de Damas, les soldats ont attaqué Harasta, avec un appui de l'aviation, a précisé l'OSDH. A l'ouest de la capitale, neuf soldats ont été tués dans une attaque rebelle contre un barrage militaire, selon la même source.

A Damas même, les corps de huit hommes ont été retrouvés près de l'hôpital militaire Techrine, dans le quartier de Barzé. Ces hommes avaient disparu la veille lors d'une opération militaire contre ce quartier du nord-est de Damas.

Selon l'OSDH, les violences ont fait plus de cent morts samedi et environ 70 dimanche à travers le pays. Cette ONG chiffre à plus de 30'000 le nombre de personnes ayant péri en Syrie depuis le début de la révolte en mars 2011. Ces bilans sont invérifiables de source indépendante.

Protestations turques

En Turquie, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a appelé sans ménagement la Russie, la Chine et l'Iran à mettre un terme à leur soutien au régime de Damas. «L'histoire ne pardonnera pas ceux qui se sont mis du côté de ces régimes cruels», a-t-il lancé dimanche à un congrès de son parti (AKP).

La veille, Ankara avait protesté auprès de la Syrie après qu'un obus tiré du côté syrien de la frontière a blessé une personne et provoqué des dégâts dans une localité frontalière du sud-est de la Turquie.

Enfin samedi à Berne, 200 personnes ont manifesté leur solidarité avec le peuple syrien et demandé la fin des «massacres». L'attitude de la Suisse en matière d'exportations d'armes a également été critiquée. (ats)

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