Bonvillars (VD): Les soutiens de l'ex-boss de la Cave voient rouge
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Bonvillars (VD)Les soutiens de l'ex-boss de la Cave voient rouge

La coopérative de la Cave de Bonvillars est secouée par une crise depuis le licenciement de la directrice, le 4 mars. Des viticulteurs s'insurgent contre ce départ.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Sylvie Mayland, ex-directrice de la Cave de Bonvillars (VD), est décrite comme une cheffe performante mais dont le caractère trop fougueux dérangeait ses collaborateurs.

Sylvie Mayland, ex-directrice de la Cave de Bonvillars (VD), est décrite comme une cheffe performante mais dont le caractère trop fougueux dérangeait ses collaborateurs.

«En treize ans de direction, elle a fait un boulot extraordinaire en sauvant une structure qu'elle a trouvée au bord de la faillite. La virer de cette manière à deux ans de la retraite, c'est petit.» Ce sentiment d'un viticulteur du Nord Vaudois résume celui de beaucoup de ses pairs après la révélation par «La Région» de l'éviction, la semaine passée, de Sylvie Mayland, directrice de la Cave de Bonvillars.

Selon nos renseignements, la sexagénaire avait reçu un blâme en 2018 pour cause de dissensions avec des employés. Au fil du temps, son caractère foudroyant et son ton tempétueux ont fini par allonger le nombre de ses détracteurs et excéder bon nombre de ses nouveaux collaborateurs. «Quand on a un crack trop fougueux comme cheval de course, on le canalise mais on ne s'en débarrasse pas. J'ai vu un jeune vigneron pleurer quand il a appris son licenciement, ça veut tout dire», avance un sociétaire d'une soixantaine d'années.

«Elle est performante mais encombrante»

Une clause de confidentialité existe entre la directrice licenciée et son ex-employeur. Mais selon une source de «20 minutes», les relations exécrables entre Sylvie Mayland et un vendeur ainsi qu'une autre collaboratrice ont poussé le conseil d'administration à se débarrasser d'une «directrice performante mais encombrante». Il serait notamment reproché à l'ex-directrice d'avoir mis la pression sur une collaboratrice malade pour qu'elle reprenne le travail.

Un membre du conseil d'administration ciblé

«Avec Sylvie, nos salaires augmentent chaque année. Personne ne fera mieux qu'elle», affirme un vigneron. Les soutiens de l'ex-directrice sont très remontés contre un membre du conseil d'administration, qu'ils accusent d'avoir tiré les marrons du feu. Ils lui reprochent également un mandat de la coopérative attribué à son épouse avocate. «Lors de la désignation, je me suis récusé. Le choix s'est porté à l'unanimité sur mon épouse, avocate spécialiste du droit du travail, pour la mise à jour du règlement du personnel et des contrats de travail», a-t-il répliqué.

Par le biais de l'avocate Me Tania Huot, le Conseil d'administration s'est exprimé jeudi soir: «Afin de protéger la personnalité et la santé des employés de l'entreprise, il a été décidé, à l'unanimité et après mûre réflexion, de se séparer de Sylvie Mayland en respectant le préavis contractuel.»

Contactée par 20 minutes, l'ex-directrice n'a pas souhaité s'exprimer.

Du foin dans le milieu du vin

La séance d'information que la Cave de Bonvillars organise ce vendredi soir s'annonce houleuse. Selon nos renseignements, des tractations sont en cours pour déboulonner le conseil d'administration dans les prochaines semaines. «Du foin, dans le milieu du vin, ce n'est jamais bon. Surtout, qu'en dehors de celle de Bonvillars, la plupart des caves tirent la langue. Tout le monde est perdant dans cette affaire», s'inquiète un vigneron de la région.

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