Agressions à Cologne: Les sprays au poivre s'arrachent en Suisse
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Agressions à CologneLes sprays au poivre s'arrachent en Suisse

Après les événements de Cologne qui ont vu des centaines d'agressions sexuelles la nuit du Nouvel-An, les femmes songent à l'autodéfense.

par
Pascal Schmuck
Le spray au poivre est toujours plus présent dans les sacs à main de ces dames.

Le spray au poivre est toujours plus présent dans les sacs à main de ces dames.

Keystone

«Nos ventes ont plus que quintuplé», a indiqué à 20 Minuten Samuel Bosshard, directeur du fabricant suisse de sprays au poivre Arasan.

Mathias Christen, chez Pfefferspray-shop.ch, annonce de son côté être proche de la rupture de stock. Mais les spécialistes avertissent qu'un spray au poivre nécessite quand même un peu d'entraînement pour une utilisation appropriée. Leur utilisation n'est autorisée que pour protéger sa vie.

Apprendre son utilisation

«Il ne suffit pas d'avoir ce genre de spray dans son sac à main sans connaître le mode d'emploi et les risques inhérents», prévient Judith Hödl, porte-parole de la police cantonale zurichoise. Un agresseur peut en effet arracher un spray des mains d'une femme pour le retourner contre elle.

Andreas Hungerbühler, responsable de la formation chez Starco Security, renchérit. «L'achat d'un spray au poivre ne donne pas l'assurance de pouvoir se comporter correctement en cas d'agression.» Il faut apprendre à l'utiliser, sinon cette arme devient dangereuse pour son propriétaire. «Application, distance d'emploi et bases légales doivent être maîtrisées en théorie et en pratique.»

Un spray n'est pas la panacée

D'autant plus qu'il existe plusieurs sortes de spray, avec une utilisation bien précise, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur ou encore face à un groupe. Certains d'entre eux peuvent mettre hors de combat une personne pendant 40 minutes, souligne Peter Kropf directeur d'une école de Kravmaga.

Ce dernier estime qu'il faut mieux apprendre à jauger d'une situation plutôt que de sortir son spray à tout bout de champ. «Si la peur vous prend aux tripes, mieux vaut serrer son spray dans la poche et non le sortir, car tout usage n'est pas automatiquement justifié». Un spray ne sert ainsi à rien si l'agresseur est déjà au contact de la victime.

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