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YémenLes sudistes se rallient à la contestation

La pression s'est accentuée mercredi sur le président yéménite Ali Abdallah Saleh avec le ralliement des sudistes au mouvement de contestation qui prend de l'ampleur.

Le Mouvement sudiste a appelé ses partisans à mettre de côté les velléités sécessionnistes et à se joindre à la révolution des jeunes.

«Il faut pour le moment libérer le nord et le sud du Yémen de ce tyran, et nous pourrons ensuite nous tourner vers la cause sudiste», a expliqué le numéro deux du Mouvement sudiste, le général à la retraite Abdallah Hassan al-Nakhibi, dans une déclaration à l'AFP.

Le Mouvement sudiste anime la contestation contre le pouvoir central dans le sud du pays, un Etat indépendant jusqu'en 1990. La rébellion zaïdite (branche du chiisme) dans le nord du pays s'est déjà ralliée à la contestation, de même que d'importants chefs de tribus.

A Sanaa et à Taëz, au sud de la capitale, des milliers de contestataires ont continué à camper pour réclamer la chute du régime. En outre, 17 personnes ont été blessées à Hodeïda (ouest) dans des affrontements entre des manifestants et des partisans du pouvoir, selon des témoins.

Réponse cinglante de Washington

Le régime du président Saleh est contesté depuis la mi-janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, et surtout à Aden, dans le sud du pays. Selon Amnesty International, au moins 27 personnes ont été tuées au cours de ce mouvement de protestation.

Affaibli sur le plan intérieur, le président yéménite s'est en outre attiré mardi une riposte cinglante des Etats-Unis après avoir critiqué leur ingérence dans la révolte arabe.

«Nous ne pensons pas que désigner des boucs émissaires constitue une réponse adéquate aux yeux des Yéménites ou d'habitants d'autres pays», a déclaré le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney. Il a appelé M. Saleh à mener des réformes politiques pour répondre aux «aspirations légitimes» de son peuple.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a de son côté convoqué mardi le chargé d'affaires yéménite à Londres pour demander l'arrêt de la répression des manifestations et encourager le gouvernement à adopter des réformes politiques et économiques.

Pas de négociation avec le pouvoir

M. Saleh, pourtant un allié clé de Washington dans la lutte contre Al-Qaïda, avait accusé «les ambassadeurs américains et européens d'attiser (la contestation de) la rue yéménite».

«A chacune de ses déclarations, Saleh nous fait un nouveau cadeau. Hier, c'était une position de l'Occident appuyant notre mouvement», a affirmé Mohammad al-Charji, un des étudiants qui campent depuis le 20 février devant l'Université de Sanaa pour réclamer le départ du chef de l'Etat.

Les étudiants ont brandi mercredi des banderoles proclamant leur opposition à toute négociation avec le pouvoir. Le président avait appelé à la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Pour sa part, une délégation d'oulémas (théologiens musulmans) a rencontré des représentants de l'opposition parlementaire. Ils leur ont proposé une issue à la crise en préconisant un départ prématuré dans un an du chef de l'Etat, dont le mandat expire en 2013, a indiqué un responsable du parti islamiste al-Islah.

L'opposition, qui avait organisé une manifestation massive mardi à Sanaa, n'a pas donné sa réponse à cette proposition, selon la même source.

(ats)

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