Actualisé 14.08.2019 à 15:17

Trafic routierLes Suisses boivent trop et roulent au-delà des limites

Une récente étude dresse un portrait peu élogieux des usagers des routes helvétiques. Pourtant, la Suisse compte moins d'accidents graves que ses voisins.

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lph
Une personne (volontaire) souffle dans un éthylomètre devant un policier lors d'un contrôle routier pour l'alcoolémie, le samedi 19 décembre 2009 à Genève.  (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Une personne (volontaire) souffle dans un éthylomètre devant un policier lors d'un contrôle routier pour l'alcoolémie, le samedi 19 décembre 2009 à Genève. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Keystone/Martial Trezzini

En matière de conduite, les Suisses ne sont vraisemblablement pas des exemples à suivre. C'est du moins ce que laisse penser une récente étude menée par l'institut indépendant belge Vias dans 32 pays européens et portant sur les comportements au volant.

Alcools: des excès...

Ainsi, un peu plus d'un cinquième (21,6%) des 1020 Suisses interrogés déclarent avoir pris la route au moins une fois, au cours du dernier mois, alors qu'il estimaient avoir bu plus d'alcool que la loi ne le permet.

Seules la Belgique et la France affichent une proportion plus élevée de conducteurs avouant eux-mêmes avoir conduit bien qu'ils aient trop bu. À l'autre extrémité du classement se trouvent la Hongrie, la Finlande et la Pologne.

...et peu de contrôles

Toutefois, le risque de devoir passer un alcootest en Suisse est relativement faible: 12,7% des Suisses disent avoir dû souffler dans le ballon au moins une fois au cours de l'année dernière.

Dans les pays de l'UE, la moyenne est de 18 %. Il n'y a qu'au Royaume-Uni, en Allemagne, au Danemark, en Italie et aux Pays-Bas que les conducteurs sont moins susceptibles d'être contrôlés qu'en Suisse. Inversement, en Pologne et en Serbie, près d'un automobiliste sur deux dit avoir du se soumettre à un alcootest au moins une fois dans l'année.

Limitations de vitesses souvent ignorées

Les Suisses ne sont pas non plus très rigoureux concernant les limitations de vitesse: 75,5 % des sondés admettent avoir roulé au moins une fois à une vitesse excessive sur l'autoroute au cours des 30 derniers jours. La moyenne européenne se situe juste en dessous des 60%.

Pour les autres péchés de la circulation, les Suisses sont dans la moyenne européenne. Au cours du dernier mois, un quart ont été distraits au moins une fois parce qu'ils ont échangé des messages ou écrit des e-mails sur leur téléphone portable. Enfin, moins d'un cinquième des sondés dit avoir conduit alors qu'ils étaient si fatigués «qu'ils pouvaient à peine garder les yeux ouverts».

Peu d'accidents graves malgré tout

«Nous ne disposons d'aucune information expliquant les différences entre la Suisse et le reste de l'Europe en termes de consommation d'alcool et de vitesse», affirme Nicolas Kessler du bureau pour la prévention des accidents (bpa). «Mais le plus important pour nous, c'est que le nombre d'accidents graves dans le trafic automobile suisse a diminué ces dernières années», déclare-t-il.

Le nombre de personnes tuées sur les routes en Suisse a considérablement baissé au cours des dernières années. En 2018, 233 personnes sont mortes sur les routes suisses, contre 327 en 2010. «Le nombre de décès dans la circulation routière doit encore diminuer, même si selon les normes internationales, les routes suisses sont déjà sûres», explique Nicolas Kessler.

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