Berne: Les Suisses diraient oui à la caisse unique
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BerneLes Suisses diraient oui à la caisse unique

Si les Suisses devaient voter maintenant sur la caisse unique, l'initiative populaire serait acceptée, révèle un sondage du Moniteur de la santé 2014 publié mardi.

Quelque 49% des citoyens voteraient favorablement, contre 38% négativement, révèle un sondage du Moniteur de la santé 2014 publié mardi sur mandat de l'association des entreprises pharmaceutiques Interpharma. «Il ne serait pas surprenant que cette tendance s'accentue», a affirmé devant les médias Claude Longchamp. Le politologue n'a cependant pas voulu faire de pronostic sur l'issue du vote, prévu le 28 septembre.

Guerre des chiffres

Selon Claude Longchamp, cette tendance négative peut être expliquée par le fait que seuls 37% des sondés ont encore l'espoir de voir les primes baisser. Il y a une année, cette proportion se montait à 51% des personnes interrogées. Du côté des initiants, il s'agit pourtant de l'argument le plus percutant.

La question des coûts n'est toutefois pas encore jouée, selon Claude Longchamp. Les opposants à l'initiative, dont l'argument principal repose sur les coûts trop élevés induits par la caisse unique, ont eux-mêmes du mal à convaincre les citoyens. «La population se méfie des chiffres avancés par les deux camps», indique le politologue.

Faible participation

Reste à savoir qui prendra le dessus sur cette question d'ici la votation de septembre. La publication des primes, qui devrait arriver peu avant la votation, en constituera un aspect central. «Une difficulté pour les opposants», estime Claude Longchamp. L'issue du scrutin est d'autant plus ouverte que seuls 29% des personnes interrogées ont déclaré vouloir se rendre à coup sûr aux urnes, indique en outre gfs.bern.

L'initiative pour une caisse publique a été lancée par le PS, les Verts et d'autres organisations. Elle prévoit, pour l'assurance de base, la création d'une institution nationale avec des agences cantonales qui établiront les primes et les encaisseront.

La LAMal satisfait

Par ailleurs, le sondage de gfs.bern montre que le degré de satisfaction du système de santé tel qu'il est régi par l'actuelle loi sur l'assurance maladie (LAMal) a encore dépassé celui de l'année dernière. En 2014, 81% des sondés sont positifs ou plutôt positifs, contre 76% en 2013. Seuls 10% en tirent un bilan plutôt négatif.

Soutien au dossier électronique

Les personnes interrogées ont également émis un avis positif concernant le dossier électronique du patient. Quelque 69% des sondés sont favorables à son introduction et 26% y sont opposés. «Ce sujet n'a pas encore soulevé de controverses», a tenu à relativiser le politologue. Il faut donc prendre ces chiffres avec prudence.

Toutefois, les sondés veulent, à 85%, pouvoir décider eux-mêmes qui a accès aux données contenues dans leur dossier. Un point auquel tient également le Conseil fédéral: seuls les médecins et les spécialistes devraient pouvoir accéder aux dossiers des patients, après que ceux-ci leur en auront expressément donné le feu vert.

Exigence de transparence

Le Moniteur de cette année abordait également la question du financement, par l'industrie pharmaceutique, des formations continues dans le domaine médical. Presque trois quarts des sondés demandent une publication détaillée des sommes payées par les pharmas aux médecins et aux organisations. Si cette transparence est garantie, ce financement ne pose aucun problème pour 72% des personnes interrogées.

L'enquête conduite par gfs.bern a été réalisée auprès de 1210 personnes entre le 10 mars et le 6 avril. La marge d'erreur se situe à plus ou moins 2,9 points. (ats)

La droite lance la fronde contre l'initiative de la gauche

Les partis de droite entrent dans l'arène pour contrer la caisse maladie publique. L'acceptation de l'initiative de gauche, le 28 septembre, ne diminuerait ni les coûts de la santé ni les primes, selon eux. Elle sonnerait en outre le glas de la diversité, de l'innovation et de la qualité.

La Suisse bénéficie d'un très bon système de santé. Forts de cet avis, UDC, PLR, PDC, PBD et Vert'libéraux défendent le statu quo. Même si les primes ne cessent d'augmenter, les assurés peuvent influencer leur facture en décidant d'une franchise plus ou moins élevée et d'un modèle alternatif. En Suisse romande, le comité de droite fera campagne à coups d'affiches et d'annonces montrant une foule mise en boîte sous le slogan «tous dans le même caisse?». Les autres régions auront droit à leur propre propagande. En Suisse alémanique, le concept mise sur un patient devenu anonyme, alors qu'au Tessin, l'assuré est pris dans une trappe à souris.

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