Mondial 2014: Les Suisses doivent «prouver leur valeur»
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Mondial 2014Les Suisses doivent «prouver leur valeur»

Patron du Département technique de l'ASF, Peter Knäbel s'exprime à la veille de la rencontre capitale Suisse-Honduras. L'Allemand revient sur le naufrage de Salvador.

Vendredi dernier, jamais sans doute les attentes n'avaient été aussi grandes pour l'équipe de Suisse avant ce match contre la France. Ce 5-2 a été ressenti comme un véritable séisme. Partagez-vous ce sentiment ?

«C'est vrai, ce résultat a fait très mal. Lors du premier quart d'heure, nous avons vu une équipe de Suisse qui a évolué dans le registre qui avait été le sien en 2006 à Stuttgart contre la France justement et en 2010 à Durban devant l'Espagne. L'équipe était parfaitement organisée. Seulement, les Français nous ont alors laissé le ballon pour spéculer sur nos erreurs. Un peu comme l'Allemagne face à l'Argentine en 2010.»

Mais une équipe comme la Suisse qui s'appuie depuis trois ans sur la même ossature et sur le même système de jeu n'aurait pas dû être capable d'assimiler ce choix de l'adversaire?

«La Suisse n'a pas été la première équipe à craquer de la sorte dans cette Coupe du monde. Cette Coupe du monde est bien celle des extrêmes. Elle est bruyante, rythmée, imprévisible et passionnante. Les joueurs et les staffs doivent vraiment s'attendre à tout lors de ce tournoi.»

Toutefois, comment un tel naufrage a-t-il pu se produire à Salvador ?

«L'Espagne est éliminée après deux matches sans trouver une explication réellement plausible. Pour la Suisse, l'incompréhension est la même après la rencontre contre la France. La seule question qui compte désormais est de savoir comment rebondir...»

On insiste toutefois pour connaître votre analyse sur le match de Salvador ?

«L'équipe a péché par un manque de concentration, par une relative forme d'insouciance aussi dans la conduite du ballon. Lors de cette Coupe du monde, la moindre erreur se paye cash. Elle a également manqué d'agressivité sur les balles arrêtées. J'estime pourtant que la gestion des balles arrêtées était l'un de nos points forts. Mais tous nos adversaires ont su mettre à profit les trois semaines de préparation pour travailler dans ce registre».

Vous avez accompagné les joueurs au fil de leurs passages dans les différentes sélections juniors. Les pensez-vous capables de digérer ce 5-2 contre la France ?

«Bien sûr, ils doivent se faire violence. Cette défaite a fait très mal pour tout le monde: les fans, le staff, les entraîneurs, le président et les joueurs. Mais nous savons tous que nous pouvons revenir sur les bons rails mercredi à Manaus.»

Une impression se dégage toutefois chez les observateurs: l'équipe de Suisse ne joue pas sur le même tempo que les autres formations. La partagez-vous ?

«Nous contrôlons quotidiennement les valeurs de nos joueurs. Nous les comparons avec celles des autres joueurs. Je peux vous assurer que nos joueurs n'accusent aucun déficit. Nous ne devons pas remettre en question le style de jeu qui est le nôtre. Il faut simplement que les joueurs fassent les bons choix sur le terrain.»

Où réside pour vous le principal problème ?

«L'adversaire marque trop facilement. Pas nous ! Aujourd'hui, nous devons savoir si nous voulons et nous pouvons gagner avec une plus grande possession du ballon. La Juventus y parvient, le Bayern aussi. Mais les onze meilleurs joueurs suisses n'ont pas gagné contre les onze meilleurs joueurs français avec une plus grande possession, 58 % contre 42 % pour être précis.»

(ats)

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