Avant Moldavie-Suisse: Les Suisses en territoire inconnu
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Avant Moldavie-SuisseLes Suisses en territoire inconnu

Samedi, à Chisinau, la Suisse fera connaissance avec le football moldave dans le cadre des qualifications à la Coupe du monde 2010.

Devant une telle inconnue, la présence à la tête de la sélection de l'ancien Servettien Igor Dobrovolsky apparaît presque comme un phare dans la brume.

Génial buteur dans les années 80 et 90, Dobrovolsky dirige une sélection composée à la fois de joueurs locaux et de mercenaires (12), et plutôt jeune puisque seuls six membres de l'équipe ont plus de 25 ans et qu'aucun n'affiche plus de 30 capes.

Sans stars, le groupe de celui qui avait fait les beaux jours de Servette durant la saison 1991/92 s'appuie notamment sur le défenseur Alexandru Epureanu (FC Moscou), sacré meilleur joueur moldave 2007. Son successeur en 2009, Vitalie Bordian, milieu du Metalist Kharkov, huitième de finaliste cette année de la Coupe UEFA, ou encore les buteurs Gheorghe Ovseannicov (Olimpia Balti) et Alexandru Suvorov (Sheriff Tiraspol) sont les autres éléments de base de cette sélection.

Sheriff Tiraspol domine sans partage le championnat depuis 2001 et l'inauguration de son luxueux stade de 14 300 places, devisé à 50 millions de dollars et seule enceinte moderne du pays. Elle est cependant boudée par l'équipe nationale en raison du conflit avec la région séparatiste de Transnitrie.

Albanie et Géorgie

Comme il est de coutume en ces temps où, ainsi le dit l'adage, il n'y a plus de petites équipes, les Suisses se veulent prudents au moment d'évoquer cet adversaire peu renommé. Traumatisme du Luxembourg oblige. La Moldavie, de par sa forte parenté avec la Roumanie et l'ex-URSS, jouit de certaines qualités techniques intéressantes. «Nous devons nous attendre à des rencontres assez similaires à celles que nous avions disputées à l'époque en Albanie et en Géorgie (ndlr: en 2002 et 2003, la Suisse avait été tenue deux fois en échec 1-1 et 0-0)», détaille Alexander Frei.

L'adversaire n'en demeure pas moins très abordable. Depuis le passage à l'an 2000, la Moldavie a perdu 38 de ses 71 matches (14 victoires) pour une différence de buts de 51 à 112. Jamais qualifiée pour une compétition internationale depuis la (re)naissance du pays en 1991, elle a réalisé ses meilleurs parcours lors des qualifications pour les Euros 2004 et 2008, avec des succès contre l'Autriche, la Biélorussie, la Bosnie-Herzégovine et Malte, et surtout un match nul 1-1 en octobre 2007 contre la Turquie, future demi-finaliste du championnat d'Europe.

Autres préoccupations

Un élan que les hommes de Dobrovolsky - par ailleurs également entraîneur du club d'Academia Chisinau - ont semble-t-il perdu depuis, avec une année 2008 bouclée sur un peu reluisant bilan d'une victoire pour trois nuls et six défaites (6-15), même si le 1- 1 décroché en Macédoine le mois dernier a été perçu comme encourageant et que les défaites contre la Lettonie (1-2) et Israël (1-2) ont témoigné d'un écart de niveau qui n'a sans doute rien d'un fossé.

La sélection ne peut pas compter sur un réel soutien dans sa quête. Alors que la moyenne de spectateurs en championnat végète entre 1000 et 2000, l'équipe nationale n'arrive souvent qu'à drainer quelque 3000 âmes. On annonce néanmoins que le stade Zimbru de Chisinau sera plein samedi (8000 places).

Avec un PIB par habitant 13 fois inférieur à celui de la Suisse ainsi que d'énormes problèmes de pauvreté et de trafic, le pays a d'autres préoccupations bien plus importantes que le sport. D'ailleurs, selon les chiffres de la FIFA, la Moldavie ne possède que 10 420 footballeurs licenciés dans 89 clubs. La Suisse, elle, compte plus de 200 000 joueurs recensés évoluant dans 1806 organisations. Déjà que Dame Helvétie peut difficilement être qualifiée de «pays de football»...

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