Pakistan: Les Suisses kidnappés par des talibans

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PakistanLes Suisses kidnappés par des talibans

Les talibans pakistanais ont revendiqué mardi l'enlèvement de deux Suisses vendredi dans la province du Baloutchistan.

Les deux Bernois enlevés par des talibans ont été transférés dans la province voisine du Waziristan-Sud, au Pakistan, où ils sont actuellement détenus, a assuré un porte-parole des talibans.

Le mouvement islamiste fera connaître prochainement ses exigences pour la libération des touristes, un policier et une ancienne fonctionnaire de police, a-t-il souligné, cité par l'agence allemande dpa. Il pourrait s'agir d'une rançon ou d'un échange avec des militants emprisonnés.

Selon ce porte-parole, le couple se trouve actuellement dans une zone contrôlée par le clan de Maulvi Nazir Wazir. Par le passé, ce commandant rebelle aurait passé un accord avec les autorités pakistanaises engageant les insurgés à se battre uniquement contre la coalition internationale en Afghanistan et à éviter les attaques à l'intérieur du Pakistan.

Les autorités pakistanaises n'ont pas confirmé la revendication des talibans dans l'immédiat. «Nous travaillons sur ce dossier, mais nous n'avons pour l'heure aucune indication sur le lieu où les Suisses pourraient être détenus», a déclaré un porte-parole du gouvernement local.

A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a de son côté indiqué mardi à l'ats «avoir pris connaissance» par les médias de la revendication de l'enlèvement du couple suisse par les talibans, sans vouloir toutefois confirmer cette information. Les services de Micheline Calmy-Rey sont également restés muets quant à une éventuelle demande de rançon des kidnappeurs.

Cellule de crise en action

Le couple de Bernois, âgés respectivement de 31 ans et de 28 ans, était parti au Pakistan pour un voyage privé. Il a été enlevé vendredi par des hommes armés alors qu'il voyageait dans le district de Loralai, à 170 km à l'est de Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan.

La police a retrouvé leur camping car dans un endroit boisé et des témoins ont déclaré aux enquêteurs que le couple avait été «emmené à la pointe du fusil par des hommes armés non-identifiés».

Samedi, les autorités pakistanaises avaient lancé des opérations de recherche avec l'aide de chefs tribaux dans trois districts baloutches: Loralai, Zhob et Qila Saifullah. «Nous nous concentrons sur Zhob», proche de l'Afghanistan et des zones tribales sous contrôle des talibans pakistanais et d'Al-Qaïda, avait alors indiqué un responsable local.

Le DFAE a expliqué que l'ambassade de Suisse à Islamabad «est en contact permanent avec les autorités locales» au sujet de cet enlèvement. En outre, une task force présidée par le chef du Centre de gestion de crise du DFAE, l'ambassadeur Christian Dussey, a été mise sur pied afin de coordonner les activités des services impliqués, notamment l'Office fédéral de la police (fedpol) et le Service de renseignement de la Confédération (SRC)

Cette cellule de crise «s'efforce de tout mettre en oeuvre pour parvenir à la libération en bonne santé des deux otages», a souligné le DFAE.

Zone d'attaques

Le Waziristan-Sud, où seraient retenus les deux Suisses, est une zone tribale à la frontière de l'Afghanistan. Tout comme les provinces voisines du Waziristan-Nord et du Balouchistan, elle est le fief de groupes talibans et partisans d'Al-Qaïda. Des combats réguliers et intenses opposent ces rebelles aux forces pakistanaises, soutenues par les Etats-Unis.

Mardi, une bombe a du reste fait exploser un convoi ferroviaire à Miranshah, principale localité du Waziristan-Nord, tuant trois soldats et en blessant 15 autres, selon l'agence italienne ansa. Dans la même journée, cinq militaires sont morts et six autres ont été blessés au Balouchistan lorsqu'une mine actionnée à distance a explosé, détruisant le véhicule dans lequel ceux-ci voyageaient.

Sur son site consacré aux conseil aux voyageurs, le DFAE déconseille «de se rendre au Pakistan pour des voyages touristiques ou autres qui ne présentent pas un caractère d'urgence». Il souligne les risques d'enlèvements ou d'actions armées dans les provinces du Baloutchistan, du Sindh et du Penjab. (ats)

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