Elections fédérales: Les Suisses n'ont plus confiance en leurs élus

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Elections fédéralesLes Suisses n'ont plus confiance en leurs élus

Inquiets pour leur avenir, les citoyens suisses comptent de moins en moins sur leurs élus à Berne pour améliorer leur sort. Ils se détournent toujours plus de la politique.

Les Suisses ne croient guère que leur vote va influencer le cours des choses et sont plus nombreux à se détourner de la politique fédérale. Dans un entretien paru vendredi dans le quotidien «Le Temps», le sociologue René Levy pointe un individualisme renforcé.

Les Suisses se prononcent environ quatre fois par année sur des objets fédéraux, ce qui relativise la portée des élections fédérales, selon lui. Or, le taux de participation aux votations fédérales s'est érodé durant ces dernières décennies pour se stabiliser autour des 40%.

«Cette évolution reflète peut-être le sentiment des citoyens que les décisions qui comptent se prennent beaucoup moins à Berne qu'auparavant», selon le professeur émérite de l'Université de Lausanne, René Levy.

Face à un climat perçu comme menaçant, les citoyens tendent à «personnaliser les problèmes» et à se replier sur eux-mêmes, analyse le sociologue.

Ces tendances se remarquaient déjà lors des élections fédérales de 2011, mais le phénomène serait bien antérieur, selon René Lévy. Les causes de cette évolution sont à chercher dans les développements affectant le monde du travail. Les changements de méthodes managériales qui ont marqué ces dernières décennies, la concurrence sur le marché de l'emploi, sont autant d'aspects qui alimentent les peurs des Suisses.

La perte de souveraineté des Etats et le transfert de pouvoir vers l'économie pèsent également dans la balance. Les Suisses ont le sentiment d'une perte d'enjeu qui les détourne des urnes. (ats)

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