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Etude Les Suisses ne savent pas manifester

Les Suisses ne manifestent pas avec la même ferveur qu'à l'étranger. Ils descendent dans la rue plus par solidarité pour une cause que pour défendre leurs propres intérêts.

Cette retenue s'explique notamment par la confiance qu'ils ont envers les institutions. C'est la conclusion d'une étude sociologique internationale soutenue par le Fonds national suisse (FNS) et publiée mardi. La recherche a comparé des manifestations similaires en Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Espagne, Suède et Suisse.

Les chercheurs Marco Giugni et Nina Eggert, de l'Université de Genève, ont choisi quatre grandes manifestations qui se sont déroulées entre 2010 et 2012: le 1er Mai à Zurich, une mobilisation antinucléaire à Beznau, une gay pride et une manifestation de femmes à Genève. En Suisse comme ailleurs, ce sont des citoyens âgés entre 40 et 64 ans qui descendent dans la rue, en majorité au bénéfice d'une formation universitaire. Seule petite différence, il y a moins de manifestants peu formés qui se mobilisent que dans d'autres pays, 3,8% contre près de 10% en Belgique.

Confiance dans les autorités

En revanche, de nettes différences apparaissent quant à leur motivation à se mobiliser. Près de 70% des personnes interrogées en Suisse disent manifester pour témoigner leur solidarité, 63% pour sensibiliser le public et seulement 38% pour défendre leurs intérêts, selon cette étude.

Interrogés sur leur rapport aux autorités, les manifestants en Suisse sont plus nombreux qu'ailleurs à avoir confiance dans leurs institutions politiques, notamment dans leur gouvernement. «Ce résultat est à mettre sur le compte des «nombreux canaux d'intervention qu'offre la démocratie directe, tels que l'initiative populaire ou le référendum», relève Marco Giugni.

Un manque de culture de la mobilisation

Ce cadre institutionnel induit un manque de culture de la mobilisation en Suisse qui décourage les gens à participer, comparé à des pays comme la France, qui laisse peu de place aux revendications citoyennes. En Suisse, la principale raison pour un citoyen de se mobiliser est son appartenance à un réseau social: plus il y est intégré, plus il descendra dans la rue.

L'étude s'est penchée sur des thématiques à forte mobilisation, comme la défense des droits des homosexuels ou le 1er Mai. Mais les manifestations contre l'austérité qui ont rassemblé plus 100'000 personnes en Espagne l'an dernier n'ont pas été prises en compte faute de point de comparaison en Suisse, précise le chercheur genevois.

(ats)

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