Actualisé 12.03.2007 à 10:14

Les Suisses ont dit «non» à un changement jugé trop radical

Le «non» des Suisses à la caisse unique est un «non» à un changement trop radical, estime la presse suisse.

La plupart des éditorialistes regrettent que les questions sur le système de santé restent sans réponse même après ce vote.

«En refusant le saut dans l'inconnu représenté par la caisse unique, les Suisses ont (...) dit leur méfiance face aux changements radicaux», écrit lundi Le Temps. Pour Le Matin, la «peur des changements» et «trop d'inconnues au niveau des conséquences financières» sont à l'origine du rejet.

«L'Helvète est prudent», renchérit Le Quotidien Jurassien, «dans le doute, il s'abstient». Pour L'Express et L'Impartial, «on n'a pas voulu troquer un système cher, certes, mais de qualité, contre ce qui est apparu comme une aventure».

L'initiative laissait les principales questions ouvertes, déplore aussi la Berner Zeitung. Les partisans n'ont pu dire comment la classe moyenne allait être déchargée, précise l'Aargauer Zeitung. Après cette défaite, la Neue Zürcher Zeitung renvoie la gauche à ses leçons: les Suisses «ne veulent pas davantage de socialisme dans l'assurance maladie».

«Rien n'est résolu»

Le «non» à l'initiative ne résout pas pour autant le problème du système de santé suisse, estiment nombre d'éditorialistes. «En déduire que tout va très bien, Madame la marquise et Messieurs les assureurs, serait allé vite en besogne», souligne La Liberté.

«Les problèmes de gestion et de financement de la santé restent entiers», note le Courrier, alors que le Matin rappelle que «le niveau des primes reste le premier souci des Suisses». Les caisses doivent restaurer la confiance, demande le Blick, rejoint par l'Aargauer Zeitung qui voit désormais un devoir d'agir chez les gagnants.

Le Bund exige de nouvelles propositions pour baisser les coûts. Les politiques doivent faire en sorte que les assureurs trouvent leur compte à investir dans le traitement des assurés malades et vieux et pas seulement dans la chasse aux bons risques, écrit le quotidien bernois.

«Quelle alternative peut-on proposer? Quand, comment et pour qui les soins seront-ils limités? Qui décide? Comment éviter que les personnes âgées ne fassent exploser l'assurance? Les questions sont posées depuis une bonne décennie. Les réponses n'ont pas beaucoup progressé», résume 24 Heures. Pour la Neue Luzerner Zeitung, la politique des petits pas de Pascal Couchepin est celle à suivre.

Mécontentement

Alors que la presse alémanique se montre peu surprise par l'ampleur de l'échec, les éditorialistes romands ne s'y attendaient pas. Certains, à l'instar du Matin ou de 24 Heures, y voient tout de même un signe de mécontentement et d'insatisfaction dont il faudra tenir compte.

Au contraire, la Tribune de Genève ou Le Nouvelliste jugent la «déroute» et «l'autogoal» tels qu'il sera impossible aux perdants de sauver quoi que ce soit dans leur initiative. «On aura désormais encore plus de peine à obtenir un droit de regard renforcé sur la gestion des caisses», regrette le quotidien valaisan.

Explication aux exceptions

Les quotidiens des deux cantons à avoir accepté l'initiative expliquent leur exception. Neuchâtel a connu une mobilisation du corps médical plus forte qu'ailleurs, avancent L'Express et L'Impartial. Le Quotidien Jurassien rappelle le poids de la santé et des primes d'assurance maladie «sur le moral et le budget des Jurassiens, dont le revenu reste modeste».

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!