11.09.2020 à 08:52

SantéLes Suisses ont peu confiance dans les vaccins

Le pourcentage des Suisses qui estiment que la vaccination est importante est descendu de 65 à 53%. La croyance en l’efficacité des vaccins est passée de 50 à 45%.

En comparaison internationale, la Suisse se situe dans les derniers rangs en termes de confiance envers les vaccins.

En comparaison internationale, la Suisse se situe dans les derniers rangs en termes de confiance envers les vaccins.

KEYSTONE

La confiance dans les vaccins est peu élevée en Suisse, révèle une étude publiée dans le magazine «The Lancet». Elle est aussi faible en Europe en général, en comparaison internationale.

Les chercheurs ont analysé les données de 149 pays du monde pour leur étude. Celle-ci se base sur 290 enquêtes concernant plus de 284’000 personnes entre septembre 2015 et décembre 2019. Les questions posées concernaient la sécurité, l’efficacité et l’importance des vaccins.

Résultat: en comparaison avec d’autres régions du monde, la confiance dans les vaccins est faible en Europe. Elle est toutefois en augmentation dans plusieurs Etats, comme la Finlande, la France et l’Italie. Le scepticisme envers les vaccins croît particulièrement dans les pays touchés par l’instabilité politique et l’extrémisme religieux, écrivent les auteurs.

Selon eux, les campagnes de désinformation ciblées jouent un rôle particulièrement important dans le déclin de la confiance au sein de la population.

Suisse au dernier rang

En comparaison internationale, la Suisse se situe dans les derniers rangs. La confiance de la population dans la sécurité des vaccins y a certes augmenté entre 2015 et 2019 (de 30 à 33%). Mais le pourcentage de ceux qui estiment que la vaccination est importante est descendu de 65 à 53%. La croyance en l’efficacité des vaccins est, elle, passée de 50 à 45%.

«Ces résultats vont de pair avec le nombre déclinant des vaccinations contre la grippe», souligne Sonja Merten, de l’Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH), interrogée par l’agence Keystone-ATS.

Mme Merten mène des recherches avec une équipe regroupée au sein d’un programme national sous la direction de Philip Tarr, de l’hôpital cantonal de Bâle-Campagne, pour connaître les raisons de l’hésitation à se faire vacciner.

Le nombre de vaccinations chez les enfants n’a lui pas baissé, relève la chercheuse. Les vaccins combinés constituent toutefois un problème, estime-t-elle. Les parents sont en effet moins à même de décider contre quelles maladies et quand ils veulent faire vacciner leurs enfants. Cela pourrait susciter des sentiments négatifs envers les vaccins.

Vaccins victimes de leur succès

«Les vaccins sont en outre victimes de leur propre succès», relève la scientifique. De nombreuses maladies ont en effet disparu de Suisse grâce à la vaccination. Dans le public, cela peut conduire à une plus grande crainte envers les effets secondaires des vaccins qu’envers la maladie elle-même.

Une étude précédente menée par Sonja Merten et ses collègues mettait en évidence le fait que les médecins ne se positionnent pas clairement concernant les vaccins. Une attitude qui a pour conséquence de désécuriser les patients et de potentiellement affaiblir la confiance dans la vaccination.

«Le groupe des opposants véhéments aux vaccins est lui extrêmement réduit en Suisse», souligne le sociologue Michael Deml, également de Swiss TPH et membre du programme de recherche. De nombreuses personnes sont simplement indécises ou hésitantes.

Deux travaux de recherche publiés récemment réfutent en outre le stéréotype voulant que les praticiens des médecines alternatives ou complémentaires déconseillent à leurs patients de se faire vacciner. «Ces praticiens discutent souvent avec leurs patients des risques et effets de la vaccination», relève M. Deml. Cela suscite la confiance, ce qui est justement central en vue d’un futur vaccin contre le Covid-19.

(ATS/NXP)

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