Actualisé 27.09.2020 à 17:47

VotationsLes Suisses ont voté en faveur du congé paternité

Les pères auront droit à dix jours de congé à la naissance de leur enfant. Sans surprise, le peuple a soutenu dimanche par 60,3% l’introduction d’un congé paternité, selon les résultats définitifs de la votation.

Tous les cantons romands ont soutenu le texte. Les Vaudois ont massivement plébiscité le congé paternité. Ils étaient 81,6% à glisser un «oui» dans l’urne. A l’inverse, les Valaisans ont été les moins prompts à le soutenir, avec 60,5% de votes en faveur. Mais les communes du Haut-Valais s’y sont majoritairement opposées.

A Genève, le congé s’est imposé par 79,4%. Il passe nettement la rampe dans le Jura avec 74,6%, à Neuchâtel avec 73,6% et à Fribourg avec 67,8%. Le congé paternité a également convaincu Berne (56,9%) et le Tessin (67,3%).

Outre-Sarine, les résultats sont plus contrastés. Zurich et Bâle-Ville ont plébiscité le projet. Les Grisons, Lucerne ou Zoug n’ont donné leur accord que du bout des lèvres. Tous les cantons de Suisse orientale et de Suisse centrale s’y sont opposés. L’opposition la plus forte vient d’Appenzell Rhodes-Intérieures (65,3%).

Au total, quelque 1,93 million d’électeurs ont glissé un bulletin favorable. Le camp du «non» a réuni 1,27 million de votes. La participation s’est élevée à environ 58% des votants.Les pères auront droit à dix jours de congé à la naissance de leur enfant. Sans surprise, les Suisses ont soutenu dimanche l’introduction d’un congé paternité à 61%, selon une projection de l’institut gfs.bern.

Nos journalistes reviennent sur l’objet du texte soumis à votation dimanche 27 septembre.

20Minutes

Dans les six mois

Le projet prévoit un congé de dix jours de travail. Ces jours seraient à prendre dans les six mois suivant la naissance, soit en bloc, soit sous forme de journées isolées. Les vacances ne pourront pas être réduites.

Comme le congé maternité, celui pour les pères est financé par les allocations pour perte de gain (APG). L’indemnité correspond à 80% du salaire, mais au maximum 196 francs par jour.

Estimant que ce congé était trop coûteux pour les employés et les employeurs, l’UDC, quelques membres des jeunes PLR et du PDC ont lancé le référendum. Selon eux, tout le monde verra son salaire diminué afin que «quelques personnes» puissent prendre des vacances payées.

Pour la famille

Les partisans du texte y voient des bénéfices pour toute la famille. L’arrivée d’un enfant est un bouleversement pour le couple. De nombreux pères ne bénéficient que d’un ou deux jours à la naissance du bébé. Cela n’est plus en phase avec notre époque.

L’introduction d’un congé paternité de deux semaines est un signal fort pour les familles. Il permettra au père d’être plus présent pour l’enfant, de s’impliquer plus activement dans la nouvelle dynamique familiale et de décharger la mère de certaines tâches.

Pro Familia «très heureux» du «oui»

Le directeur de Pro Familia Philippe Gnaegi se dit «très heureux» de la nette approbation des Suisses au congé paternité. Il s’agit d’un premier pas vers le congé parental.

«Ce résultat montre que la société a évolué et que l’heure n’est plus à un modèle où la femme doit rester à la maison», souligne le directeur de Pro Familia, la faîtière des organisations familiales. Selon lui, il s’agit maintenant de penser à une nouvelle politique familiale.

Un congé paternité favorise l’équilibre du couple: les deux pourront s’occuper de l’enfant et des autres tâches et contribuer au revenu du ménage. Ainsi, toute la famille en bénéficie. Tout comme l’économie qui ne sera pas privée de personnes qualifiées.

De plus, les entreprises peuvent facilement s’organiser pour pallier une absence de dix jours. Et les PME pourront proposer un congé paternité et resteront ainsi attrayantes comme employeurs.

Indemnisation sous conditions

Pour avoir droit au congé, le père doit exercer une activité lucrative au moment de la naissance, soit en tant qu’employé soit en tant qu’indépendant. Il doit avoir été assuré durant les neuf mois précédant la naissance de l’enfant et avoir exercé une activité lucrative durant au moins cinq mois.

L’allocation maximale pour les deux semaines sera de 2744 francs. L’Office fédéral des assurances sociales estime les coûts à 230 millions de francs par an. Mais ces estimations sont prudentes, a-t-il reconnu.

Le président de l’USAM regrette le «oui» au congé paternité

Le directeur de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) Hans-Ulrich Bigler regrette le «oui» du peuple suisse au congé paternité. Celui-ci représentera une charge pour la jeune génération.

«Je m’inquiète du financement de tous ces régimes d’assurance sociale», déclaré dimanche à Keystone-ATS M. Bigler, également membre du comité référendaire contre le congé paternité, qui s’est articulé autour de l’USAM.

Le congé paternité a été clairement accepté par les Suisses, selon les premières projections de l’institut gfs.bern. Les pères auront droit dorénavant à dix jours de congé à la naissance de leur enfant.

(ATS, Keystone)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
152 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Du concrèt à présent

28.09.2020 à 07:33

La vltstikn est une chose maos maintenant il va falloir habiter le rôle de père ! Fini le bistrot et en avant les couches culottes - bercer le bébé- nuits agitées - attente chez le pédiatre etc etc

Joyeux

28.09.2020 à 07:26

L'UDC rejetée par le peuple suisse avec un taux de participation très important sur ses thèmes préférés.

Originaire de Vernier

28.09.2020 à 07:11

Bonjour mes chers compatriotes Malheureusement je vais finir à l'Hospice général Salutations distinguées Mustapha Ghazzal Nationalité Suisse