Actualisé 20.02.2019 à 13:42

Suisse

Les Suisses pleurent Karl Lagerfeld

La mort du célèbre couturier a ému le monde entier. En Suisse aussi, on se souvient de tout ce qu'il a apporté à l'univers de la mode.

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szu/egr/lfe

Dans notre pays, nombreux sont ceux qui regretteront le Kaiser de la mode. «20 minutes» les a contactés.

Ronja Furrer, 27 ans, top model suisse, qui a eu l'occasion de défiler pour le styliste allemand:

«Je suis naturellement très attristée par cette nouvelle. Karl était une personne spéciale avec une aura singulière, je suis très heureuse de l'avoir rencontré plusieurs fois. Le show dans le supermarché multidimensionnel, celui à Salzbourg ou encore la manifestation féministe menée par Gisele Bündchen sont inoubliables. Tous ses défilés étaient aussi uniques que lui. Il a façonné comme personne la profession et les personnes qui ont pu travailler avec lui, il nous manquera.»

Manuela Frey, 22 ans, mannequin suisse, qui a défilé une dizaine de fois pour le couturier:

«C'était une icône et je suis triste qu'il ait dû nous quitter. Mais c'est incroyable qu'il ait pu vivre sa passion jusqu'à la fin. J'ai défilé une dizaine de fois pour Chanel, mais aussi pour Fendi (ndlr: le styliste était le directeur artistique de la ligne pour femme) ainsi que pour la marque Karl Lagerfeld. C'était un homme adorable et très modeste. Il nous traitait, nous les mannequins, vraiment bien. Il avait un grand cœur. C'était une légende et il en sera toujours une. Je m'en souviendrai avec affection, un peu comme d'un père de mode.»

Giovanni Lo Presti, 37 ans, styliste vaudois:

«Karl fait partie d'une génération d'artistes en voie d'extinction… Alors que la technologie prend de plus en plus de place dans notre quotidien artistique, il a su garder son coup de crayon infaillible et son carnet de croquis. Je garderai son travail en mémoire pour toujours.»

Daniela Christiansson, top model suisse, 27 ans:

«Je pense que toute personne travaillant dans la mode est touchée par ce décès. Nous avons perdu un emblème et une légende de la mode. Mon rêve a toujours été de travailler pour lui un jour ou simplement le rencontrer.»

Elizabeth Fischer, professeure responsable du département Design Mode à la HEAD, à Genève:

«Karl Lagerfeld a été le premier à être nommé, en 1987, à un poste de directeur artistique dans une maison de couture. Il travaillait déjà pour Fendi et pour sa marque, mais il était meilleur pour les autres que pour lui-même. Il dictait les règles du bon goût, avec de petites phrases bien senties. Il a su renouveler le tailleur de manière très intelligente certaines années. On voit ce vêtement partout désormais, souvent en tweed. Idem pour le sac matelassé. Reste que nos élèves apprécient les créateurs plus proches de leur génération, qui évoluent dans de plus petites structures.»

Nina Gander, adjointe artistique au département Design Mode à la HEAD:

«Il laisse un héritage important dans le monde de la mode, davantage encore pour son personnage que pour ses créations. Chanel reste associé à Coco, mais Karl Lagerfeld a su donner un nouveau souffle à cette maison. Si Coco Chanel a révolutionné la mode féminine, on étudie plus Karl en termes de marketing, à cause de son aura, son image et son hypermédiatisation. Chez les étudiants de la HEAD, il y a un mélange entre un énorme respect pour une personne qui a commencé très jeune et qui représente l'image du directeur artistique stable dans un univers où cela tourne beaucoup, et une certaine distance par rapport au monde du luxe. Quoi qu'il en soit, Karl Lagerfeld restera comme une figure iconique de la mode des dernières décennies.»

Brigitte, 27 ans, Jordan, 23 ans, Tara, 25 ans, étudiants en Design Mode à la HEAD:

«C'était une sorte d'Andy Warhol de la mode qui a créé tout un univers autour de lui. On croyait que, comme Michael Jackson, il était immortel. On est né, il était déjà là. Il a pu faire ses dernières collections, ce qui montre qu'il allait jusqu'au bout. On est très admiratif, mais on voulait aussi que Chanel se renouvelle. On avait l'impression que cela ne bougeait plus. Les autres maisons ont changé de créateurs pour correspondre un peu plus à la nouvelle génération. Comme disait une amie, on adorait le détester, mais il va nous manquer. Ce qui est impressionnant pour nous, c'est qu'il avait une telle popularité après tant d'années, ça nous interpelle. La grande question qu'on se pose maintenant est de savoir qui va lui succéder.»

Naomé Schenk, 23 ans, entrepreneuse de la mode lausannoise:

«Je l'ai rencontré en novembre 2017 à Paris, en backstage du Vogue Fashion Festival. Il a toujours été mon idole et il était super sympa: on a parlé de tout et de rien. Son inspiration va rester pour toujours. J'aurais aimé le revoir en vrai un jour.»

La Lausannoise Naomé Schenk a rencontré son idole en novembre 2017.

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