Actualisé 07.04.2020 à 14:11

InternetLes Suisses plus touchés par la cybercriminalité

Les Européens sont moins frappés par la cybercriminalité que les Helvètes.

En Suisse, en 2019, 4% de la population a déclaré avoir été victime d'une fraude à la carte de crédit.

En Suisse, en 2019, 4% de la population a déclaré avoir été victime d'une fraude à la carte de crédit.

Keystone/Photo d'illustration

Les Suisses sont en moyenne bien plus la proie de cybercriminels que leurs voisins européens, en raison principalement d'une forte utilisation du Net. En revanche, ils sont particulièrement touchés sur les réseaux sociaux, alors qu'ils y sont pourtant moins actifs.

En Suisse, en 2019, 4% de la population a déclaré avoir été victime d'une fraude à la carte de crédit utilisée en ligne au cours des douze derniers mois. La même proportion affirme avoir perdu des documents en raison d'un virus informatique. Or, ces chiffres excèdent la moyenne européenne, de 3%, révèle mardi l'Office fédéral de la statistique (OFS).

Plus de cinq heures par semaine

Cette différence doit toutefois être analysée avec prudence, car en Suisse un nombre extrêmement élevé de personnes utilisent internet (90%), dont la quasi-totalité des personnes jusqu'à 55 ans, tandis que la durée de connexion s'allonge: deux tiers de la population se connecte plus de cinq heures par semaine.

Afin de mieux comprendre la situation de la Suisse, l'OFS propose de la comparer à celle du Danemark, dont la population est similaire en termes d'utilisation d'internet. Par rapport à ce pays, la Suisse obtient de meilleurs résultats, au moins en ce qui concerne les fraudes à la carte de crédit (6%).

En la comparant à d'autres pays européens dont la population fait des acquisitions en ligne, on constate que plus les utilisateurs sont nombreux à réaliser des achats sur internet, plus la part de la population pouvant être victime d'un usage frauduleux a tendance à augmenter, complète l'OFS. La Suisse n'échappe pas à cette règle.

Logiciels de protection

En revanche, en ce qui concerne les réseaux sociaux, alors que la population suisse y est moins active que la moyenne européenne, elle est plus touchée par les problèmes d'usages abusifs de données personnelles.

Les problèmes de sécurité que sont le vol d'identité en ligne, le piratage de compte mail ou de réseau social ainsi que le harcèlement basé sur une utilisation abusive d'information personnelle touchent respectivement 3%, 6% et 4% de la population suisse, soit à nouveau des ratios supérieurs à la moyenne européenne (respectivement 1%, 2% et 1%).

Selon l'OFS, ces chiffres pourraient s'expliquer par une diminution de la protection de leurs données. En 2014, près des trois quarts des internautes suisses annonçaient utiliser un logiciel de protection. En cinq ans seulement, cette proportion est tombée à deux tiers.

Cette tendance concerne toutes les catégories d'âge des utilisateurs de moins de 75 ans, note l'OFS. La situation est similaire chez les utilisateurs de smartphone, qui représentent 82% de la population. Et de noter que les personnes interrogées ne savaient pas toujours de quels mécanismes de sécurité ils disposaient.

Sauvegarde régulière

L'OFS recommande en outre de faire des sauvegardes régulières de son disque dur afin d'éviter les conséquences, pénibles et parfois coûteuses, d'une perte de données informatiques. Cinquante-quatre pour cent des Suisses déclarent le faire, une part supérieure à la moyenne européenne (48%) et à celle de la France (48%), mais inférieure à celle de l'Allemagne (59%).

En revanche, la population suisse est encore à la traîne en comparaison avec des pays comme les Pays-Bas (72%), la Norvège (66%) et le Danemark (65%). Tout en bas du classement figure l'Italie (33%). (nxp/ats)

(NewsXpress)

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