Actualisé 19.01.2011 à 19:56

Coupe du monde à Kitzbühel

Les Suisses racontent leur première fois

La Streif se mérite. Pour l'apprivoiser, il faut déjà oser se lancer. Les skieurs helvétiques reviennent sur
leur baptême du feu à Kitzbühel, avant la descente prévue samedi

de
Jean-Philippe Pressl-Wenger, Kitzbühel
Didier Cuche dans ses oeuvres

Didier Cuche dans ses oeuvres

L'ambiance au départ est différente. Personne ne plaisante, la concentration est maximale. «Quand je me suis retrouvé dans le portillon, j'ai voulu faire demi-tour et redescendre en cabine», se rappelle Didier Cuche. Ses entraîneurs l'avaient alors raisonné. Il avait terminé avec 8''5 de retard, certes, mais entier. Et prêt à écrire la belle histoire qui le lie à la station autrichienne (déjà 4 victoires).

Actuellement à l'aise en descente, Silvan Zurbriggen a encore à l'esprit ses sensations de rookie sur le toboggan tyrolien. «Avant moi, le vétéran Ghedina avait poussé trois fois, se souvient le Valaisan. Je me suis dit que ce n'était pas pour moi. Puis j'ai compris que c'était maintenant ou jamais. A l'arrivée j'étais fier de moi.»

Et le Lauberhorn, où les cuisses souffrent sur 4455m, oublié? Non, mais différent. S'il faut un corps d'airain pour dompter l'interminable tracé bernois, il faut y ajouter un cœur énorme pour se mesurer à la Streif. «A Wengen, tu te bats contre le chrono. A Kitzbühel, c'est contre la piste», dit Carlo Janka, vainqueur dans l'Oberland en 2010.

Même les plus rompus aux tracés de Coupe du Monde cherchent du réconfort avant de s'élancer dans le corps à corps avec le monstre. «Quand on est en haut, on se donne du courage en regardant un concurrent s'envoler et disparaître dans la Mausefalle», avoue Cuche. Pour tous, la Streif reste un monument.

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