Actualisé 27.10.2008 à 11:12

Après les géants de SöldenLes Suisses sur orbite après le prologue de la Coupe du monde

Pour reprendre le titre de «L'Equipe», la saison a commencé à Sölden (Aut) sur un «ouragan suisse».

Une formule qui n'a rien d'exagéré au vu du doublé Daniel Albrecht-Didier Cuche dimanche en géant et de la cinquième place de Lara Gut la veille dans la même discipline.

Bien sûr, Sölden n'est que le prologue d'une saison qui démarrera véritablement fin novembre lors de la tournée nord-américaine. Bien sûr, Sölden n'est pas le miroir de l'hiver. N'empêche: «Etre derrière à Sölden ne signifie pas grand chose. En revanche, c'est différent pour ceux qui sont devant. C'est rare de les voir ensuite à la rue», avait déclaré Didier Cuche, deux jours avant sa course.

Les statistiques donnent raison au Neuchâtelois. Lors des dix derniers Sölden, podium en Autriche a rimé avec podium au classement général final de la Coupe du monde pour neuf coureurs. Et même, à trois reprises, le vainqueur du géant inaugural a été couronné roi de l'hiver cinq mois plus tard (Miller en 04/05, Eberharter en 02/03 et Maier en 00/01).

La guigne peut naturellement tout gâcher. Aksel Lund Svindal en est l'exemple incarné: le Norvégien triomphe à Sölden en 2007, il est donné comme le grand dominateur de la saison, il termine son hiver sur une civière quelques semaines plus tard.

Une équipe, plusieurs cartes

Toutefois, contrairement à la Norvège tributaire du cas Svindal, la Suisse dispose de plusieurs cartes. A commencer par les deux leaders Cuche et Albrecht. Analyste pour le «Blick», Bernhard Russi ne tarit pas d'éloges sur le duo: «Tous deux ont encore affiné et optimisé leur technique. Tous deux se trouvent dans une remarquable condition physique. Et tous deux ont trouvé les réglages parfaits au niveau de leur matériel.»

Derrière, ce n'est pas mal non plus. Citons trois noms. Carlo Janka, 22 ans, est la nouvelle perle de l'équipe. A Sölden, le Grison a terminé neuvième, en signant le deuxième chrono sur la seconde manche.

Originaire du même canton, Marc Berthod a pris une encourageante 15e place, lui dont la préparation estivale avait été ruinée par les pépins physiques. Quant à Didier Défago, il a été éliminé. Mais le Valaisan n'en a pas moins affirmé être dans une forme étincelante, surtout en vitesse. A voir à Lake Louise (Can) dès le 29 novembre.

Du travail de pro

Il faut aussi tirer un coup de chapeau à Swiss-Ski. La Fédération a offert la meilleure des préparations à ses coureurs. L'arrosage d'une piste à Saas Fee pour reproduire les conditions verglacées de Sölden (opération à 20 000 francs, merci les sponsors) a été payant et a soulevé la jalousie chez plusieurs autres équipes.

Swiss-Ski a aussi réussi à créer une dynamique. Ou plus précisément, une saine émulation entre ces deux groupes d'entraînement. Avec d'un côté l'équipe d'obédience romande dirigée par Patrice Morisod et emmenée par les routiniers Cuche et Défago, et de l'autre la bande des jeunes Alémaniques coachée par Sepp Brunner et boostée par Albrecht.

Et maintenant, Lara?

Pour le ski féminin, on nage en pleine «Lara Gut mania». La Tessinoise a une nouvelle fois bluffé tout son monde en terminant cinquième samedi. Toute la question est maintenant de savoir si, à 17 ans, elle peut tenir toute une saison. Pour Hugues Ansermoz, entraîneur des dames, «elle est capable du meilleur comme du pire. Le défi consistera à ne pas la griller.»

Logiquement, et en restant prudent, il faudrait donc s'attendre à voir la fille de Comano enchaîner coups d'éclat et coups de barre cet hiver. Mais voilà: peut-on vraiment parler de logique et de prudence avec cette surdouée au caractère de fonceuse ?

Il sera également intéressant d'attendre la réaction des autres Suissesses. «Les anciennes et spécialistes de vitesse ne voudront pas laisser la petite prendre tous les honneurs», a promis Hugues Ansermoz. Rendez-vous est donc pris pour les Aufdenblatten ou autre Styger début décembre à Lake Louise.

(ats)

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