Actualisé 21.05.2017 à 15:55

Votation du 21 mai

Les Suisses tournent le dos au nucléaire

Les Suisses ont décidé dimanche de renoncer progressivement au nucléaire et favoriser à sa place les énergies renouvelables.

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ats/ofu

Les Suisses veulent renoncer à moyen terme au nucléaire en soutenant le courant vert et en économisant l'énergie. Ils ont été 58,2% dimanche à approuver la stratégie énergétique 2050, défendue par Doris Leuthard. L'UDC et une partie de l'économie s'y opposaient.

Ce résultat «ouvre une nouvelle page vers un futur énergétique moderne» pour la Suisse, a déclaré devant les médias la conseillère fédérale Doris Leuthard. La stratégie énergétique 2050 vise un virage modéré vers une Suisse sans atome. Pour y parvenir, la première étape soumise au peuple mise sur une augmentation de la production des énergies vertes à 11'400 gigawatts (GW) d'ici 2035.

La consommation d'énergie annuelle devra être réduite de 43% par rapport à 2000 et celle d'électricité devra baisser de 13%. Les voitures devront devenir plus propres et les bâtiments moins énergivores.

Le coup de pouce à l'injection de courant vert dans le réseau sera remplacé par un système de prime plus proche du marché. Une aide à l'investissement, limitée dans le temps, est prévue pour les projets qui ne peuvent participer à ce programme. Les grands barrages hydrauliques, souffrant des bas prix de l'électricité, bénéficieront aussi d'une aide pécuniaire.

Efforts pas nouveaux

Les efforts demandés à la population ne sont pas nouveaux. Depuis 2000, la consommation individuelle d'énergie a déjà baissé de 14,5%, selon l'Office fédéral de l'énergie (OFEN). Convaincus de la nécessité de ces mesures, 1,3 million de citoyens ont dit «oui», alors que près de 950'000 ont rejeté le projet.

Le tournant vert est principalement porté par la Suisse romande. Le canton de Vaud s'est montré le plus enthousiaste avec 73,5% de «oui». Il est suivi de Genève qui soutient le projet à 72,5%, de Neuchâtel à 69,6%. Le Valais, avec ses nombreux barrages hydrauliques, dit «oui» à 63,4%, Fribourg à 63,2% et le Jura à 62,7%, le Tessin avec 56,7%.

De l'autre côté de la Sarine, les cantons de Bâle-Ville, Zurich et des Grisons se sont montrés les plus favorables avec respectivement 63,4%, 58,8% et 58,7% des voix.

Faible refus

Le référendum lancé par l'UDC a été clairement rejeté dans toutes les régions, a constaté la ministre de l'énergie. Seuls quatre cantons ont rejeté le projet. Et l'opposition y est restée mesurée: la plus marquée vient du canton de Glaris avec 56,3% de «non».

Le canton d'Argovie, où se trouvent les deux centrales de Beznau et celle de Leibstadt, refuse de justesse le projet avec un «non» à 51,7%. Soleure, qui compte la centrale de Gösgen sur son territoire, a lui glissé un petit «oui» (50,6%). Berne, avec la centrale de Mühleberg a lui aussi dit «oui» à 55,5%.

Echec de l'UDC

L'UDC a échoué à couler un paquet accusé d'être trop onéreux. Allié à une forte minorité PLR et à une partie de l'économie, le parti a dénoncé en vain «une arnaque» irréalisable qui menace le bien-être et le porte-monnaie des Suisses.

Les citoyens devront débourser 40 francs par an et par ménage pour soutenir les énergies alternatives. Les opposants au projet articulaient un montant bien plus élevé: 3200 francs par an. Un chiffre qui incluait la deuxième partie de la stratégie énergétique, alors que celle-ci est quasi enterrée par le Parlement.

Les Suisses ont préféré suivre la position du Conseil fédéral, de la gauche et d'une partie de la droite. La stratégie énergétique veut encourager la production locale et permettra de créer des places travail en Suisse.

Elle constitue aussi une réponse aux changements qui touchent le monde de l'énergie avec la chute des prix de l'électricité, selon la conseillère fédérale Doris Leuthard. Les BKW ont ainsi annoncé la fermeture de Mühleberg pour 2019 pour des raisons économiques et les grands barrages hydroélectriques sont moins rentables.

«Le nucléaire est un modèle du passé»

Doris Leuthard se réjouit du vote en faveur du premier paquet de mesures dans le cadre de la stratégie énergétique. Selon la ministre, le nucléaire fait partie du passé et les investissements se feront dans les énergies renouvelables.

Pas de précipitation

Le Conseil fédéral lancera la consultation sur la mise en oeuvre du soutien aux barrages hydroélectriques d'ici les vacances d'été. Les entreprises concernées devraient recevoir pendant six ans une prime maximale de 1 ct/kWh hors TVA pour l'électricité vendue sur le marché en deçà du prix de revient. Les propriétaires devront utiliser cette période pour réduire leurs coûts et devenir plus efficients, a précisé Doris Leuthard.

Elle a également demandé au Parlement de ne pas agir avec trop d'empressement en favorisant dès à présent une source d'électricité particulière. Une commission du National a proposé fin avril que l'approvisionnement de base en électricité soit uniquement issu de l'hydraulique suisse.

La réaction de Philippe Roch, soutien du «non»:

Stratégie énergétique: réactions de Roch

Les Suisses ont voté en faveur de la révision de la loi sur l'énergie. Philippe Roch, soutien du «non», réagit.

La réaction de Roger Nordmann, du comité en faveur de la nouvelle loi:

Loi sur l’énergie : la réaction de Roger Nord

La réaction de Roger Nordmann, du comité en faveur de la nouvelle loi. (21.05.2017)

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