21.10.2020 à 19:56

Consommation «Les Suisses veulent en finir avec l’obsolescence programmée»

Une enquête menée sur le plan national montre que les Suisses réclament un système d’étiquetage qui garantisse la réparabilité de produits tels que les appareils électroménagers ou électroniques. Et ce, même s’il faudrait les payer plus cher.

À l’image des lave-linge, dont la durée de vie baisse de plus en plus, les appareils électroménagers devraient être plus facilement réparables, selon une écrasante majorité des sondés. 

À l’image des lave-linge, dont la durée de vie baisse de plus en plus, les appareils électroménagers devraient être plus facilement réparables, selon une écrasante majorité des sondés.

Getty Images/iStockphoto

Les Suisses en ont assez de payer pour des appareils qui ne sont pas réparables. Selon une enquête menée par l’Alliance des organisations de consommateurs, 98% des 2665 sondés souhaitent que leurs futurs achats soient dotés d’un système d’étiquetage permettant d’identifier les produits dont les pièces sont remplaçables (lire encadré). Et ce, même si leur prix d’achat serait plus onéreux. «La forte participation à ce sondage, fait sur trois semaines, montre l’intérêt suscité par cette thématique», commente Laurianne Altwegg, responsable Environnement à la Fédération romande des consommateurs (FRC).

«En un mot, les gens veulent en finir avec l’obsolescence programmée.» Suite à l’introduction d’un «droit à la réparation» par l'Union européenne, la France sera le premier pays à instaurer, en 2021, un «indice de réparabilité» qui présentera le degré d’interventions possibles sur certaines catégories d’appareils selon des critères objectifs. Il sera apposé sur les étiquettes des smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, machines à laver et tondeuses à gazon, poussant ainsi les fabricants à améliorer la durabilité de leurs produits. «C’est un bienfait pour l’environnement et le porte-monnaie des clients», se réjouit Laurianne Altwegg. «En Suisse, des travaux en ce sens sont en pourparlers au Parlement. Mais rien de concret, concède-t-elle. Mais grâce à cette enquête, l’Alliance dispose de données concrètes sur les attentes des consommateurs.»

Il s’agira désormais de s’appuyer sur ces éléments pour porter de nouvelles demandes à Berne et faire évoluer la législation lors des prochaines sessions parlementaires. Ceci dans le but de mieux armer les particuliers face au prêt-à-jeter et de faire évoluer l’offre vers plus de durabilité. Parallèlement, l’organisation de Repair cafés, ces services qui permettent de réparer des objets endommagés grâce à l’aide de spécialistes, reprendra davantage dès que la situation sanitaire le permettra.

Favorables à des interdictions de vente

Les partisans de l’indice représentent 98% du panel du sondage, contre 2% d’opposants. La possibilité qu’un appareil électroménager dure longtemps est un facteur décisif (64%) ou important (35%) dans le choix d’un achat. Les sondés estimant qu’il s’agit d’un élément secondaire ne représentent que 1%. Surtout, un indice basé sur des critères objectifs serait décisif (58%) ou important (39%) pour une nette majorité. Ils seraient aussi très largement prêts (96%) à payer plus cher pour un produit qui offre des garanties spécifiques de réparabilité, même si 38% n’accepteraient qu’un léger surcoût. Le résultat n’étonne guère, sachant que 97% des répondants indiquent avoir déjà dû jeter au moins une fois un objet encore en bon état, simplement parce que le coût de la réparation était trop élevé ou que les pièces détachées n’étaient pas disponibles. Ils sont 34% à l’avoir subi «plusieurs fois». Enfin, 77% seraient favorables à ce que certains objets non réparables soient interdits à la vente.

Qu’est-ce que l’indice de réparabilité?

L’indice de réparabilité est basé sur cinq critères: la documentation fournie par le fabricant, la facilité avec laquelle le produit peut être démonté, la disponibilité des pièces détachées, le rapport entre le coût de la pièce de rechange la plus chère et le prix de l’ensemble du produit, et un cinquième critère spécifique à la catégorie du produit concerné (dans le cas des smartphones, par exemple, les mises à jour logicielles).

(comm/szu)

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264 commentaires
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Numéro5

22.10.2020 à 19:05

Super, mais cela va être difficile, les technologies numériques ont permis la mise en place de systèmes quasi incontrôlables. Les puissants firmes se couvrent du secrets de fabrications. Les nouvelles technologies servent à faire de l'argent, et ces acteurs ne s'embarrassent pas de scrupules. Quant à s'en passer...

Berta

22.10.2020 à 16:51

Ce serait le moment que cette pratique d'obsolescence programmée soit interdite. C'est juste ridicule de fabriquer des objets avec de la matière, une grande quantité d'énergie, des frais de transport, et ensuite de limiter artificiellement sa durée de vie pour pouvoir vendre un nouveau modèle. C'est logique économiquement, mais pas écologiquement ni éthiquement. Donc au lieu de vendre plus cher ce qui n'est en réalité pas plus cher puisque non bidouillé, il faudrait le vendre le même prix et interdire de vente dans le futur les produits fabriqués pour ne tenir qu'une année et 2 jours...

rebecca

22.10.2020 à 15:31

c est ridicule de vouloir tout programmer et ne jurer que par ce progrès en fait qui n'en est pas un. les anciennes valeurs avaient du génie les nouvelles que des pannes en tout genre et pas les pièces de rechanges vu qu'il faille racheter le meme matériel ménagerneuf car les nouveau ingénieurs fabriquent du jetable et qui pollue et n'est pas recyclable alors faites la diférence avec les anciennes machines qui étaient réparables en tout point de vue et si vous voulez foutre du fric par la fenêtre optez pour les machines non réparables et polluantes