Culture musicale: Les Suisses vont plus au concert que les Européens
Actualisé

Culture musicaleLes Suisses vont plus au concert que les Européens

Nulle part en Europe les gens ne fréquentent davantage les concerts live qu'en Suisse. Cela tient au niveau de vie, mais aussi à une conception de la vie de famille.

par
ste/rmf
Les Suisses se rendent beaucoup en concert. Une certaine conception de la vie de famille constitue une partie de l'explication.

Les Suisses se rendent beaucoup en concert. Une certaine conception de la vie de famille constitue une partie de l'explication.

Keystone/Anthony Anex

Selon les nouveaux chiffres de l'autorité statistique européenne, la tendance est claire: sur 32 pays étudiés, les performances musicales en live ont la cote chez les Suisses, davantage que partout ailleurs. Dans le pays en 2015, 37% des répondants ont été voir un concert, une pièce de théâtre ou encore un ballet au moins quatre fois, ou plus.

Prospérité

La moyenne des 28 pays de l'Union européenne se situe seulement à 13,6%. Autour de nous, l'Autriche pointe à 21,8%, la France à 17,8% l'Allemagne compte un 14,9%, et l'Italie un petit 8%. En tête de la liste juste après la Suisse se situe l'Islande, avec 32,9%.

L'Office fédéral de la statistique (OFS) confirme détenir des estimations similaires. D'après Alain Herzig, de l'OFS, même les résidents situés dans la tranche la moins fortunée de la population se rend à des performances live relativement fréquemment. «Une explication possible est le niveau de vie et les revenus généralement élevés en Suisse», explique-t-il.

Un ADN de société

Mais la prospérité n'explique qu'en partie le décalage. Dans des pays riches comme le Luxembourg, la Norvège ou le Danemark, les chiffres sont beaucoup plus bas. Selon Ernest Albert, sociologue suisse et enseignant à l'Université de Vienne, «la visite fréquente d'événements en direct est favorisée par une société moderne, sécularisée, et fortement influencée par le protestantisme». En effet, explique-t-il, dans ces sociétés, le temps passé en famille est davantage tourné vers l'extérieur.

De plus, le temps libre destiné aux loisirs est plutôt bien protégé par l'état-providence helvétique. Sa situation de petit pays ouvert, économiquement interconnecté et protégé des conflits internationaux encourage la participation à de tels événements. Le sociologue rappelle également que selon les pays, les familles se regroupent parfois plutôt dans un restaurant ou devant une émission de télévision.

Ernest Albert estime également qu'une certaine pression sociale pèse sur les couches les plus basses de la population. En effet, aller voir des événements culturels à l'extérieur est mieux considéré socialement qu'aller voir, par exemple, un film au cinéma.

Tendance solide

A l'avenir, la tendance devrait continuer dans ce sens, estime le sociologue. Deux éléments pourraient toutefois ralentir les fréquentations: d'abord, la peur du terrorisme pourrait avoir un impact sur les événements à grande échelle, décourageant certains inquiets pour leur sécurité. Par ailleurs, les inégalités sociales pourraient également faire baisser le pourcentage, soit parce qu'une frange de la population ne sera plus en mesure de s'offrir ce luxe, soit à cause de conflits internes à la société.

Ton opinion