Votations 25 septembre: Les Suisses voudront-ils d'une «économie verte»?
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Votations 25 septembreLes Suisses voudront-ils d'une «économie verte»?

Le 25 septembre, le sort de l'initiative des Verts «Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources» sera tranché.

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cht

Les Suisses devront se prononcer le 25 septembre sur l'initiative des Verts «Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources». Le texte, soutenu par la gauche, les Vert'libéraux, le PEV et plusieurs organisations actives dans le domaine de l'environnement, demande que l'empreinte écologique de la Suisse soit réduite d'ici 2050 à une fois la Terre.

Avance dans les sondages

Le 26 août, un sondage réalisé par Tamedia donnait une courte avance au oui à l'initiative qui recueillait 47% d'avis favorables, contre 43% d'avis négatifs. Les opposants au texte étaient en forte hausse, + 10 points, par rapport à un premier sondage réalisé début août, tandis que les partisans reculaient eux de deux points. Le 16 août, un sondage de l'institut gfs.bern lui donnait même 61% de oui, contre 24% de non.

Que demande le texte? Ses initiants relèvent qu'il faudrait environ trois fois la planète Terre pour répondre aux besoins de la Suisse, si tous les habitants du globe utilisaient autant de ressources naturelles que la population helvétique. Une large part du phénomène est liée à la consommation d'énergies fossiles comme le pétrole, le gaz ou le charbon et aux biens et services importés. L'initiative veut donc mettre le holà à cette consommation effrénée.

Plusieurs mesures proposées

Pour y parvenir, les Verts demandent que l'Etat veille à ce que l'activité économique de la Suisse n'épuise pas les ressources naturelles. La Confédération est appelée à fixer des objectifs à moyen et long terme et s'ils ne sont pas atteints, des mesures supplémentaires devront être prises. Parmi les pistes proposées figurent une taxe d'incitation, des prescriptions sur les produits et les déchets ainsi qu'un encouragement à la recherche et à la commercialisation de certains biens et services.

Pour les initiants, il ne s'agit pas de retourner à l'âge de pierre mais de produire différemment et de consommer mieux. Ils prônent ainsi les produits à plus longue durée de vie qu'il est possible de réparer et de revaloriser, contrairement aux appareils que l'on jette au bout de quelque temps. Selon eux, la consommation en énergie des divers équipements doit encore être améliorée, ce qui générera de l'emploi en plus. Ils réclament aussi davantage de production locale, à l'exemple de l'huile de colza suisse pour remplacer en partie l'huile de palme.

Pour Berne, le texte va trop loin

Les initiants estiment que le but affiché par leur texte peut être atteint. Mais si le Conseil fédéral souscrit aux préoccupations de l'initiative, il estime que le texte va trop loin et trop vite. L'économie a besoin de suffisamment de temps pour s'adapter. Des mesures trop radicales auraient un impact négatif sur la compétitivité, la croissance et l'emploi. Vu les délais fixés, les entreprises devraient supporter des coûts supplémentaires, a ainsi estimé la ministre Doris Leuthard.

Les prix des biens et des services ayant un impact écologique augmenteraient. L'Etat aurait besoin de davantage d'argent et de personnel. A elles seules, les mesures en faveur de la recherche et de la commercialisation de biens et de services se chiffreraient en centaines de millions de francs. La Suisse ne doit en outre pas faire cavalier seul. Seule une approche coordonnée avec l'étranger peut être couronnée de succès, argue encore le gouvernement.

Superflue et utopiste pour la droite

L'initiative suscite également l'ire de la droite qui estime que les mesures prônées par les Verts sont superflues, chères, trop dirigistes et utopistes. L'UDC parle même de «mise sous tutelle» des citoyens dans les domaines de la mobilité, de la consommation énergétique, du chauffage et de la consommation, ce qui serait «insupportable pour le pays et pour l'économie productrice».

Diverses organisations ont également rejeté le texte, à l'image du Groupement suisse pour les régions de montagne qui estime que son acceptation contribuerait à renchérir encore les coûts des transports, de l'alimentation et des offres touristiques et pourrait avoir des conséquences fatales à l'économie des régions de montagne.

Les paysans, directement concernés, sont eux très divisés. Mais l'USP a fini par recommander le non à l'initiative. L'initiative va trop vite et impliquerait des mesures trop drastiques pour le monde paysan, estime-t-elle. Sans compter que de nombreux programmes sont déjà en cours pour préserver l'environnement. Le syndicat Uniterre a lui laissé la liberté de vote.

(cht/ats)

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