Actualisé 14.05.2015 à 19:33

Mondiaux de hockeyLes Suisses y ont cru pendant une demi-heure

L'aventure tchèque a pris fin en quart de finale pour la «Nati». A Ostrava, les hommes de Hanlon ont fait la course en tête jusqu'à la mi-match, avant de faire les frais du réveil américain (1-3).

La Suisse a été éliminée par les Etats-Unis (3-1) en quarts de finale du championnat du monde. A Ostrava, les joueurs de Glen Hanlon n'ont pas été assez incisifs en zone offensive.

La Suisse n'a pas réussi à refaire le coup de Stockholm en 2013. Parce que l'énergie qui animait le groupe cette année-là n'est pas aussi présente au sein de cette équipe. Alors que Martin Plüss, Nino Niederreiter et Luca Cunti virevoltaient en 2013 contre toutes les nations, cette Suisse version 2015 a démarré son tournoi de manière trop pusillanime pour espérer se construire au fil des matches.

Face aux Américains, les Suisses ont livré trente premières minutes intéressantes. Mais pas de quoi crier au génie. Ou plutôt si, Roman Josi, auteur d'un bijou de but à la 14e. Etoile de bientôt 25 ans, le Bernois a éclaboussé la CEZ Arena de son immense talent. Parti de son camp, le défenseur de Nashville a passé en revue l'équipe américaine, dégoûté Jake Gardiner, et placé le puck dans la lucarne de Connor Hellebuyck.

Cet avantage, les «Hanlon boys» l'ont conservé jusqu'à la 31e minute. Et malheureusement pour la Suisse, les Américains n'ont pas fait les choses à moitié. Non seulement les protégés de Todd Richards ont égalisé à la 31e par Smith, mais ils ont pris les devants 57 secondes plus tard sur un lancer lointain de Seth Jones habilement dévié par Coyle. «C'est ce qui nous a tués, commente Romain Loeffel. Qu'ils marquent deux buts en si peu de temps. On a eu les rebonds pour égaliser, mais il a manqué la concrétisation.»

L'entraîneur Glen Hanlon s'en veut pour sa part de n'avoir pas su manager son équipe lorsqu'elle a connu un gros temps faible à la mi-match: «Dans chaque partie il existe des hauts et des bas émotionnels et en tant que coach, on ne souhaite pas que ces bas durent plus de cinq minutes. Et là, en quatre minutes les Américains ont pu inscrire deux buts. Nous avons eu des soucis en attaque durant toute la quinzaine. Cela s'est ressenti aussi contre les USA.»

Mark Streit très déçu

Pour son 200e match international et son sixième quart de finale avec la sélection nationale, Mark Streit a une nouvelle fois dû déchanter. Très marqué après la rencontre, le Bernois a essayé d'analyser à chaud ce qui n'a pas fonctionné face aux Américains: «L'avantage numérique n'a pas été assez efficace lors de ce tournoi. On doit jouer simple, tirer au but et faire en sorte que les coéquipiers qui masquent le gardien puissent mettre les rebonds au fond ou effectuer des déviations. Il faudra faire mieux pour la suite. Je ne sais pas encore si je serai présent aux Mondiaux l'année prochaine. C'est encore trop frais dans ma tête pour que je puisse prendre une décision juste après une élimination.» Ce qui est plus surprenant, c'est que le vétéran des Philadelphia Flyers a passé 23'17 sur la glace, soit plus que Roman Josi et ses 21'06. Même Blum avec 21'10 a griffé plus longtemps la glace que le meilleur défenseur suisse.

Critiqué après la défaite contre l'Autriche et les victoires chiches contre la France et l'Allemagne, Glen Hanlon peut tout de même se targuer d'avoir emmené son groupe en quarts de finale à son premier Championnat du monde à la tête de l'équipe de Suisse. Comme Sean Simpson lors de l'édition allemande en 2010. La Suisse est parvenue à inscrire des points lors de six de ses sept rencontres du tour préliminaire et c'est sans doute pour cette raison qu'elle a obtenu le droit d'affronter les Etats-Unis jeudi.

Mais elle restera à quai aussi longtemps qu'elle ne trouvera pas un moyen d'inscrire plus qu'un ou deux buts par match. Bien représentée en NHL au niveau des gardiens et des défenseurs, la Suisse peine à former des attaquants. Un état de fait que le sélectionneur ne saurait ignorer: «Il faut construire les attaquants dès leur plus jeune âge et cela peut prendre beaucoup de temps.» Avec Nino Niederreiter comme fer de lance, la Suisse est pauvre dans ce secteur. Kevin Fiala est encore jeune et ressemble davantage à un créateur qu'à un buteur. Constat similaire avec Sven Bärtschi. «Il faut des joueurs imposants pour aller dans le slot, conclut Glen Hanlon. Des garçons qui sont capables de stationner devant le gardien, de prendre des coups et d'être habile avec le puck. Mais cela ne se trouve pas en un claqueement de doigts.» (si)

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