Actualisé 11.09.2008 à 19:00

Monde du travailLes superbonus des boss pénalisent les entreprises

Une étude montre que les bonus incitent les collaborateurs
à prendre des risques inconsidérés.

«Le salaire au mérite et les superbonus ont tendance à attirer des collaborateurs dont la seule ambition est de gagner de l'argent rapidement», précise Katja Rost. Cette chercheuse de l'Université de Zurich est la coauteure d'une étude à ce sujet.

La chercheuse estime en effet que le niveau élevé de la part variable des salaires des top managers n'améliore pas les performances de l'entreprise. Bien au contraire. En 2007, l'augmentation générale des bonus a provoqué, en moyenne, une chute des bénéfices des sociétés concernées.

«La forte proportion d'options sur actions dans le salaire influence négativement le comportement des dirigeants», analyse Katja Rost. «Dans un environnement économique morose, les dirigeants rétribués au mérite prendront des risques, car ils peuvent ainsi gagner davantage», ajoute-t-elle.

Aux Etats-Unis, les vendeurs d'hypothèques ont sciemment paraphés des contrats avec les débiteurs insolvables. Cela a débouché sur la crise des subprime. Celle-ci a notablement affaibli de grandes banques comme UBS, dont les dirigeants ont aussi touché des bonus en millions de francs.

Pour l'entrepreneur Thomas Minder, qui a lancé une initiative «Contre les rémunérations abusives» des patrons, «les options devraient n'être réalisées que si la réussite de l'entreprise est constatée durablement». La part variable des salaires ne devrait pas dépasser 25%, estime-t-il.

gim/clw

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