Actualisé 05.05.2014 à 05:59

AfghanistanLes survivants appellent à l'aide

Les survivants des glissements de terrain dans le nord-est de l'Afghanistan, ont sollicité dimanche une aide d'urgence.

Ayant tout perdu, ils pleurent aussi les victimes de cette catastrophe qui a tué entre quelques centaines et 2700 personnes, selon les sources. Au moins 300 habitations de pisé ont été emportées vendredi lors du drame, selon des ONG internationales et les autorités. Ces dernières ont désormais perdu tout espoir de retrouver des survivants.

La mission de l'ONU en Afghanistan parle de plus de 350 morts, mais un porte-parole du gouverneur de la province de Badakhshan a avancé un bilan de plus de 2100 tués. De son côté, l'Organisation internationale des migrations (OIM, agence intergouvernementale basée à Genève) a déclaré qu'il y avait 2700 morts et disparus.

Begum Nisa, une survivante âgée de 40 ans, a raconté qu'elle était en train de déjeuner quand la catastrophe est survenue. «J'ai entendu un énorme bruit, comme un rugissement, puis j'ai réalisé que c'était un glissement de terrain. J'ai crié à ma famille 'sauvez-vous!', mais il était trop tard. J'ai perdu mon père, ma mère, mon oncle et cinq membres de sa famille», a-t-elle ajouté.

L'énorme coulée de boue s'est produite à la suite d'une semaine de pluies torrentielles et de fonte des neiges, dévastant le village d'Aab Bareek. Les opérations de recherche visant à retrouver des survivants ont pris officiellement fin samedi.

Aide insuffisante

L'armée afghane a acheminé par voie aérienne des moyens de secours, l'aide étant ralentie par «le manque de routes et le terrain accidenté», a expliqué le directeur local du Croissant-Rouge, Abdullah Faiz.

Un soutien psychologique a été mis en place pour les enfants qui ont perdu leurs parents et plus de 80 tonnes de rations alimentaires et des tentes ont été distribuées, en nombre toutefois insuffisant, selon des habitants interrogés par l'AFP.

Pour Imam Khaldar, un homme de 60 ans qui a perdu sa femme et deux fils, «nous avons besoin de nourriture, et de tellement d'autres choses. Et il y a plein d'autres victimes qui n'ont reçu aucune aide du gouvernement jusqu'ici».

Forces multinationales non sollicitées

Les agences de l'ONU et les organisations partenaires soutiennent le gouvernement afghan pour venir en aide aux personnes déplacées», selon un communiqué des Nations unies.

Les forces multinationales sous commandement de l'Otan se sont aussi dites prêtes à apporter leur aide, mais ont précisé que le gouvernement afghan ne les avait pas sollicitées. Les insurgés talibans, peu actifs dans la région, ont assuré qu'ils ne menaceraient pas la sécurité des secours.

Aminullah Amin, un des chefs d'Aab Bareek, estime qu'«il faut reconstruire le village à un autre endroit». «Ici, les gens ont perdu tout ce qu'ils avaient, des membres de leurs familles, leurs biens, leur bétail... il n'y a plus rien qui puisse leur permettre d'aller de l'avant», a-t-il ajouté.

L'idée faisait son chemin et les sinistrés pourraient se voir attribuer «des terres dans la région où ils pourraient s'installer de manière permanente», a dit le directeur du Croissant-Rouge.

Deuil national

La catastrophe a suscité une vive émotion. En hommage aux victimes, le président afghan Hamid Karzaï a décrété une journée de deuil national dimanche. Un fonds d'urgence mis en place par l'administration afghane pour aider les sinistrés a réuni jusqu'à présent 350'000 dollars (environ 307'000 francs), a indiqué le porte-parole du gouvernement local, Ahmad Naweed Frotan.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exprimé sa «profonde tristesse» et adressé ses condoléances aux familles et proches des victimes. Au Vatican, le pape François a assuré qu'il priait pour les victimes. «Que Dieu Tout-Puissant (...) puisse tous les accueillir dans sa paix et donne aux survivants la force d'aller de l'avant», a-t-il dit après la prière sur la place Saint-Pierre.

Le président américain Barack Obama a appelé Hamid Karzaï pour lui présenter les condoléances des Etats-Unis «au moment où les Afghans réagissent à cette tragédie», et il a «offert de l'aide américaine supplémentaire pour les interventions de secours», a indiqué la Maison Blanche. Paris a de son côté débloqué une aide de 50'000 euros, a annoncé sur Twitter l'ambassade de France à Kaboul. (ats)

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